jeudi 29 mars 2007

La patate chaude

J'ai toujours dit à Mister que si un jour, il allait "à gauche", il serait bien avisé de
a) ou me quitter pour rejoindre la dulcinée / le dulciné qui aurait fait chavirer son coeur, en me laissant le toaster mais en emportant ses chaussettes dépareillées
b) ou se débrouiller tout seul avec sa mauvaise consience si d'aventure il se trouvait mal d'avoir eu, justement, une aventure, tout en ayant pris l'option "je reste finalement avec ma légitime, ce n'était qu'une passade et/ou une erreur".

Mais qu'en aucun cas, s'il choisissait la deuxième solution, il ne pourrait venir me confier son "pêché" parce que là, du coup, son problème deviendrait le mien.

Le propos de ce billet n'est pas de vous entretenir de la fidélité conjugale des Poppins mais bien davantage de partager avec vous des tribulations qui me taraudent depuis le jour, relativement récent, où une personne très chère m'a confié un secret.

On peut voir la confidence comme un signe certain de confiance, comme la preuve tangible d'un lien qui va au-delà des jugements, des idées reçues, de la vision de l'un ou de l'autre du monde. On peut le voir comme un "privilège" puisqu'on approche alors une personne d'encore un peu plus près, parfois même au plus près de ce qu'elle est, au plus près de sa face "cachée", cachée ne voulant pas dire "honteuse".

En même temps, je me demande si le secret, une fois confié, n'est pas aussi un peu comme une patate : c'était trop chaud, on refile à quelqu'un d'autre. Pour ne plus avoir seul les mains qui brûlent, pour ne plus être l'unique personne à porter sur ses épaules une charge devenue trop lourde.

De prime abord, l'on peut se dire qu'une charge, portée à deux, est moins lourde : je suis la première à apprécier qu'on m'aide à porter et Mini et la poussette pour monter dans le train. Mais à la différence de la personne qui m'a aidée, avec la poussette ou avec les courses, ce poids, je le porte, maintenant. Aujourd'hui et demain. Aussi longtemps que l'auteur du secret souhaitera que ses propos restent confidentiels.

Et si le secret éclaire bien des "aspects", des réactions, des comportements, des attentes et des besoins de la personne qui l'a confié, il pèse aussi sur mes épaules. Parce que je ne peux rien dire - ayant promis le secret - à ces gens qui ne savent pas, qui "jugent" sur la base de ce qu'ils constatent, de ce qu'ils voient, je serais tentée de dire, "de bonne foi". Sans sévérité aucune, sans animosité, simplement sur la base de ce qu'ils vivent, eux, avec cette personne.

Ainsi, si ma conception de l'amitié me commande d'être aussi là pour "porter à deux", je me rends compte que mes épaules, n'en déplaise à mon 1m73 et mes 68 kg, ne sont pas aussi larges que je le voudrais....

A bientôt si vous le voulez bien,

mercredi 28 mars 2007

La malédiction de la machine à laver

La première fois que Mister et moi avons posé la question à Junior "alors, qu'est-ce que tu veux faire quand tu seras grand", il nous a dit "dentiste". Ce matin, il a répondu à ma copine "cycliste - plongeur - pilote de course" puis, après une seconde d'hésitation, il a précisé "mais pilote de course de soucoupe volante, hein, parce que pour les fusées, faut être adulte"...

Il ne le sait pas encore mais en réalité, sa vocation est déjà toute trouvée - et non, mauvaises langues, je ne le destine pas à devenir avocat : il sera "lanceur de mode" ! Et vous savez pourquoi ? Parce que notre machine à laver le linge est démoniaque.

Je vous explique...

En principe, une machine à laver lave, une machine à sécher sèche. En principe. Parce que la nôtre (de machine à laver) a des visées bien plus machiavéliques, la mission du lavage n'étant pour elle qu'un moyen d'assouvir ses bas desseins : elle enlève les chaussettes.

Même la promesse de payer une forte rançon s'est révélée vaine et régulièrement, j'assiste à des kidnappings de chaussettes. J'ai donc été contrainte, il y a déjà plusieurs mois, d'ouvrir un orphelinat de chaussettes. Où le modèle "taille 44" côtoie la version "taille 23", le genre "39" étant plus rare (j'aime pas les chaussettes). Parfois, la paire se recrée au hasard d'un pull hiver qu'on ressort lorsque tombent les premiers flocons mais c'est trop tard : soit l'autre, le double, a été finalement "sacrifié", soit la paire est devenue trop petite pour son propriétaire...

Ainsi, en raison des manoeuvres d'intimidation de la machine à laver, j'ai été contrainte de prendre des "mesures drastiques", aucun service de protection de la jeunesse n'acceptant de voir un enfant de moins de 18 ans pieds nus par - 10 degrés.

Je reprends le fil pour en arriver au lancement de mode.... Lundi après-midi, au retour de la crèche, Junior m'a raconté, hilare, que son copain Théo, lui, il n'a pas le droit de porter une chaussette bleue et une chaussette noire, que "sa maman, elle a dit non".

J'en ai déduit que ledit Théo avait dû remarquer, à plusieurs reprises déjà, que Junior porte souvent une chaussette noire et une chaussette bleue, avec des variantes parfois plus audacieuses, genre bleu et vert. Et Junior, lui, trouve ça très rigolo et s'en porte visiblement mieux que la maman de Théo, dont la machine est moins belliqueuse ou la mère plus à cheval sur les apparences... Je retiens surtout que Junior, lui, n'a pas peur d'être à l'avant-garde...

Pour terminer, maintenant que vous connaissez ma date d'anniversaire, vous saurez aussi quoi m'offrir l'année prochaine !

mardi 27 mars 2007

Quoi, ma gueule : le retour !

C'est quand même dommage que mon temps partiel me prive d'un grand plaisir en cette fin d'après-midi : en effet, après avoir essuyé des regards appuyés en raison de ma coiffure, la semaine passée à la cafèt, personne ne voit que là, je suis (presque) superbe.

Forcément, je sors de chez le coiffeur. Et j'adore ce petit look de "coiffée mais pas trop quand même, avec un petit air wild"... Vous voyez le genre ? En fait, en résumé, j'ai la tronche d'une nana qui n'assume pas du tout d'avoir 37 ans demain et qui a payé cher pour avoir l'air un peu plus jeune, sans pour autant avoir le fessier qui va avec.

Vous me direz "ben, y verront à la cafèt demain" (mon look, hein, pas mon fessier). En théorie, oui. En pratique, non.

D'une part parce que j'ai congé le mercredi toute la journée (sauf exceptions fréquentes), d'autre part parce que jeudi, je n'arriverai pas à refaire la savante coiffure lookée de la coiffeuse branchée : moi, quand j'essaie vraiment de me "coiffer" (et c'est rare), je constate à chaque fois que mon sèche-cheveux, il fait tellement de bruit qu'il fait pleurer Mini et que le gel, mon dieu, ça fait juste des paquets gluants au sommet de ma tête, pour me donner un style "figé".... et c'est pas faute d'avoir acheté la nouvelle marque, tellement facile d'usage, "même pour vous"...

Moralité, jeudi, ils regarderont de nouveau tous ma gueule mais cette fois-ci, je ne pourrai pas leur refaire le coup des tongs ! Tiens, je pourrais mettre des moon-boots....

lundi 26 mars 2007

Quoi, ma gueule...

"Quoi ma gueule ?
Qu'est-ce qu'elle a ma gueule ?
Quelque chose qui ne va pas ?
Elle ne te revient pas ?
Oh je sais que tu n'as rien dit
C'est ton œil que je prends au mot"

(je ne vous mets pas la partition, vous connaissez la mélodie...)

Si je reprends à mon compte ces paroles, c'est que vendredi matin, à la cafèt. au boulot, tout le monde regardait ma gueule. Bon, d'accord, le jeudi soir, je m'étais couchée les cheveux mouillés et ma coupe, courte, laissait un peu à désirer au niveau "uniformité" mais était-ce réellement une raison pour glousser autant en voyant les "quelques" mèches rebelles et les "rebiques" ? Faut croire que oui puisque même les moins "fashion victim" rigolaient...

Remarquez, ce matin, c'était pas mieux : tout le monde regardait mes pieds... forcément, j'avais oublié de mettre mes chaussures et je suis arrivée au boulot en tongs ! C'est en sortant de la voiture et en voyant le givre dans les champs que je me suis rendue compte de mon "erreur".

Donc, cher Johnny, si vous le souhaitez, je peux vous composer une nouvelle chanson : "quoi mes pieds, qu'est-ce qu'ils ont mes pieds".

A bientôt si vous le voulez bien,

dimanche 25 mars 2007

La vérité sort de la bouche des enfants

L'avantage, quand on sort un soir "entre adultes", c'est qu'on peut terminer une phrase sans devoir se lever sans cesse pour moucher un nez, changer une couche ou régler un différend à propos d'un camion.... On peut manger chaud et on ne craint pas de devoir passer la moitié de son temps sous la table, pour éponger le contenu d'un verre ou récupérer des pâtes qui ont une fâcheuse tendance à respecter les lois de la gravité...

Le désavantage, c'est que même le meilleur baby-sitter du monde part quand vous rentrez et que vous devez assurer le "service" le lendemain matin, pour deux bambins qui, eux, ont assez dormi...

Enfin, ça, c'est pour situer l'ambiance ce matin.... en résumé, l'estomac encore un peu brouillé d'avoir mangé trop de couscous et trop de dessert, le teint un peu terne et une envie très modérée de discuter de monstres, de géants ou de "comment on fabrique un champ de blé"...

Je pars donc après le petit déjeuner avec Junior, Mini et les "deux ou trois trucs indispensables pour passer une agréable matinée" mais sans avoir eu le temps de me mettre un soupçon de fond de teint...

Bien que peu familiers les uns des autres, les quatre enfants jouent, ensemble ou côte à côte, sans trop de heurts, j'arrive même quelques fois à faire des phrases continues et peux accorder à ma copine une attention presque digne de ce nom. Bref, on passe une agréable matinée.

Au moment de passer à table, vers midi, ma copine demande à ses deux filles d'aller se laver les mains.

Je demande à Junior et à Mini de se joindre à leurs copines. Et là, Junior me regarde et demande, de sa voix la plus suave, "mais maman, pourquoi je dois aller me laver les mains, hein ? On fait jamais ça, à la maison".

Merci Junior de révéler haut et fort que l'éducation que je vous donne est lacunaire !

vendredi 23 mars 2007

Merci chéri !

Aujourd'hui, Mister a réussi à me convaincre que j'avais "besoin" d'un "outil statistique" sur mon blog, pour "connaître le nombre de lecteurs-trices".

Aussitôt dit, aussitôt installé.

Six heures après, j'étais totalement "démoralisée" : aucun visiteur, rien ! Mettant tout en doute par principe, je me dis que ce fameux outil statistique, il ne fonctionne pas correctement et je me connecte quatre fois de suite sur mes pages.

Je retourne sur le "compteur" et toujours rien, rien du tout. La mine triomphante, je regarde Mister et lui annonce que ce "machin", ça marche pas du tout, la preuve, il n'a rien indiqué alors que moi, je suis allée sur le site.

Mister, flegmatique, me dit, sur un ton très gentil, un peu comme quand on parle à une blonde : "c'est normal, je voulais pas que tu fausses les statistiques, j'ai déconnecté les hits depuis ta bécane".

Merci chéri, ça me fait du bien de connaître encore un grand moment de solitude, réel cette fois-ci.

Un peu plus tard dans la journée, muni d'une impressionnante liste de courses à faire pour le week-end, Mister part à l'assaut du supermarché. Il en revient, une heure après, les mains totalement vides.

Il me dit, la mine pas du tout triomphante, "j'ai oublié mon porte-monnaie, j'y retourne".

Merci chéri, ça m'a fait tellement du bien de connaître un grand moment de rire !


PS: paraît que les gens se connectent en général depuis le boulot... on verra lundi ;-)

jeudi 22 mars 2007

Je suis blonde, le retour !

Sur un coup de tête, j'ouvre un blog, il y a dix jours. Choisissant un titre guère surprenant pour qui me connaît un tant soit peu "sur la toile". La démarche, quant à elle, est affligeante de banalité puisque "tout le monde" - ou presque - a un blog.

J'ai intitulé ce billet "je suis blonde, le retour !" parce qu'après une longue séance au boulot, j'ai eu la mauvaise idée de regarder ce que google propose à qui introduit "poppins blog" : j'aurais mieux fait de réfléchir un peu avant de céder à mon coup de tête.

Parce que les résultats sont tout simplement édifiants : si je trouve charmant de constater que même les Japonais bloguent et dissertent sur Mary Poppins, j'avoue avoir "dégluti" en constant qu'à Poppins sont associés des noms "surprenants" (c'est le moins qu'on puisse dire). J'ai ainsi "vu" Royal (après lecture du premier site, j'ai mieux compris mais pas goûté davantage pour autant), Bayrou et même Le Pen ! Là, j'avoue, j'ai eu du mal à garder un semblant de "conviction" face au titre que j'avais choisi pour mon blog. Le seul que je n'ai pas "croisé", c'est Sarkozy...

Je vous épargne la lecture des 86 pages de résultats : sous "Poppins blog", vous ne me trouverez pas ! Restez donc ici, vous serez assurés de ne jamais croiser Le Pen !

A bientôt si vous le voulez bien,

mercredi 21 mars 2007

Je suis blonde...

Hier, entre les petits pois et les cotons tiges, mon regard glauque (qui s'explique par mon aversion profonde pour les supermarchés) est tombé sur un paquet contenant de nombreux brins de toutes les couleurs, ce qui n'a pas manqué d'allumer une petite lumière dans mes yeux une fois que j'ai réalisé de quoi il s'agissait : "ohhhhh, chic, des fils pour faire des scoubidous !"

Ce matin, j'annonce fièrement à Junior que nous allons faire un truc très sympa, que "Maman faisait quand elle était petite". Ma mémoire flanchant, ce qui n'est guère étonnant vu mon grand âge, j'ai appelé google à la rescousse et ai trouvé ici et , ma foi, des sites fort bien faits.

Après 20 minutes de "je passe le brin dessus, je prends l'autre, je glisse le troisième dans la boucle", j'ai abandonné ! Je suis vraiment trop blonde, même pour faire des scoubidous ! Le commentaire de Junior ? "C'est pas grave, Maman, tu sais, ça a l'air drôlement compliqué" !

Et je n'ai même pas le bonheur d'être à forte poitrine, au contraire de certaines ;-)

A bientôt si vous le voulez bien,

mardi 20 mars 2007

Serais-je masochiste ?

A la question initiale, je réponds tout de suite par l'affirmative : oui, je dois avoir des penchants masochistes puisque, outre une légère tendance à l'anticipation que certains pourraient qualifier d'excessive, je vais, par le biais de ce billet, doublement perdre les rares lecteurs que compte ce blog. Doublement parce qu'il ne va intéresser ni les "non juristes / avocats", ni mes confrères / consoeurs.

Les premiers parce qu'ils ne sauront que faire de mes petites considérations juridiques et qu'ils préfèreront certainement des auteurs plus amusants, les seconds justement parce qu'il ne s'agit que de petites considérations et non de développements juridiques pointus.

Cette introduction - peu alléchante - entraîne immanquablement la question de savoir si un blogeur écrit avant tout pour lui ou pour un lectorat, question sur laquelle je reviendrai un autre soir, si vous le voulez bien.

Malgré la chute certaine de l'audience, je me lance, le sujet me tenant à coeur, pour vous entretenir du secret médical et du droit du patient à consulter son dossier.

L'art. 24 de la loi sur la santé publique (LSP, RSV 800.01) traite de la problématique du "droit d'accès au dossier du patient", indiquant que

"1. Le patient a le droit de consulter son dossier et de s'en faire expliquer la signification. Il peut s'en faire remettre en principe gratuitement les pièces, en original ou en copie, ou les faire transmettre au professionnel de la santé de son choix.

2. Ce droit ne s'étend pas aux notes rédigées par le professionnel de la santé exclusivement pour son usage personnel, ni aux données concernant des tiers couvertes par le secret professionnel.

3. Si le professionnel de la santé a des raisons de craindre que la consultation du dossier puisse avoir de graves conséquences pour le patient, il peut demander que la consultation n'ait lieu qu'en sa présence ou celle d'un autre professionnel désigné par le patient".

Cette disposition, d'apparence simple, appelle quelques remarques.

Tout d'abord, il convient de garder à l'esprit que le secret professionnel de l'art. 321 du Code pénal, dit secret médical dans ce contexte, ne s'applique pas au patient; en d'autres termes, ce secret médical n'est pas opposable au patient lui-même en tant qu'il est concerné.

Alinéa 1

L'alinéa premier prend toute sa signification lorsqu'un patient souhaite changer de médecin, peu importe sa motivation. Lorsqu'il sait déjà à quel autre professionnel il veut s'adresser, il peut faire simplement "transférer" son dossier, de "médecin à médecin". Lorsqu'il n'a pas encore fait son choix, il peut obtenir son dossier directement.

Cette remise doit se faire "en principe" gratuitement : ainsi, ce n'est que si le patient réitère sa demande tous les quinze jours qu'il est envisageable de demander une participation aux frais de copie. Le dossier peut aussi être remis dans sa version originale au patient, dans quel cas le médecin est autorisé à en conserver une copie, notamment en raison de son obligation légale de conserver durant dix ans tous les documents ayant déclenchés "une facturation".

Il est bien évident que la demande du patient à pouvoir consulter son dossier doit être traitée dans un "délai raisonnable", ce délai pouvant varier notamment en fonction de l'importance du dossier "en volume", du taux d'activité du médecin dans ce cabinet ou de l'ancienneté du dossier (est-il déjà archivé depuis plusieurs années ou encore "sous la main").


Alinéa 2

La notion de "notes personnelles" ne doit pas être comprise comme "tous les documents écrits à la main" : le seul fait qu'une note soit dactylographiée ne la transforme pas instantanément en "dossier du patient" et le caractère manuscrit n'est pas suffisant pour pouvoir soustraire un texte au droit de regard du patient. Le critère décisif ici est "la note est-elle nécessaire à la bonne compréhension du dossier ?" En d'autres termes, à part le "envoyer une copie de la facture du 11 novembre" ou le "annuler le rendez-vous de la semaine 21", il n'existe guère de "notes personnelles", n'en déplaise à certains médecins...


Alinéa 3

Cette partie est, à mon sens, la plus délicate puisqu'elle soulève en particulier la problématique de pathologies psychiatriques et celle de maladies graves, voire fatales. Ainsi, il se peut que les termes, corrects d'un point de vue médical, utilisé par le médecin dans le dossier, puissent "heurter" le patient, déjà fragile. Il se peut également que le patient se trouve encore dans une forme de déni de la maladie à laquelle il est confronté et qu'un diagnostic médicalement sans équivoque soit très difficile à supporter pour lui.

Toutefois, l'on peut aussi s'interroger sur la qualité de la relation qui existe entre le patient et le médecin qui doit faire appel à cette disposition pour exiger d'être présent ou la participation d'un autre professionnel. En effet, un patient ne peut faire des choix éclairés que s'il a été correctement informé de sa maladie, que s'il connaît les alternatives de traitement, les conséquences et les coûts liés à la prise en charge souhaitée. De ce fait, le patient ne devrait rien découvrir de "choquant" dans son dossier et aucune annotation (document, note, radiographie, bilans sanguins) ne devrait avoir de "conséquences graves" pour lui.

Rappelons, "pour la fine bouche", qu'un dossier ne doit contenir aucun jugement de valeur, qu'il doit être complet et correct.


Mais j'y songe : vous aussi, vous devez être un peu masochistes puisque vous venez de lire mon billet jusqu'au bout !

A bientôt si vous le voulez bien,

lundi 19 mars 2007

L'instant présent

Avoir un premier enfant, cela m'a fait devoir vivre la pénible expérience de troquer une Land Rover, trop chère pour un budget devenu familial, contre une Fiat Multipla : je suis donc la preuve vivante qu'on survit à la honte de se promener dans un truc vraiment moche mais réellement pratique.

Avoir un deuxième enfant, cela m'a fait renoncer respectivement à mon abonnement au fitness de luxe (j'ai maintenant une excellente excuse pour avoir les abdominaux mous), à ma revue d'art sur papier glacé (ça, j'ai un peu plus de peine à m'en passer parce qu'il est plus difficile de cacher un manque de culture qu'un fessier un peu flasque vu la mode aux jupes amples), à ce cordial "bonjour" de la vendeuse de la boutique "classe", qui accueille une cliente habituée (bon, comme de toute façon, j'ai l'air mal habillée même dans des frusques très chères, c'est pas réellement un drame pour moi de devoir faire les soldes dans les supermarchés).

J'ai renoncé, les week-ends et jours fériés, aux grasses matinées qui, dans mon cas, n'étaient pas un vain mot puisqu'elles duraient généralement jusqu'à 11 heures, le brunch se terminant par une délicieuse sieste crapuleuse.... J'ai renoncé aux sorties spontanées, genre "tiens, il fait beau, on va manger sur une terrasse ?", la main s'arrêtant dans sa course vers le frigo, avec la variante "écoute, là, ça fait un moment qu'on bosse comme des fous, on part en week-end en Alsace ? Je trouve que ça serait une bonne idée si on prenait congé demain après-midi, comme ça, ça nous ferait un long week-end".

J'ai renoncé à un tas de choses, pour finalement en gagner tout plein d'autres (pêle-mêle je citerai notamment
- le constat que la terre ne s'ouvre pas sous mes pieds lorsque Junior pique une crise de rage en plein milieu d'un supermarché bondé,
- le plaisir inégalé de passer deux heures aux urgences pédiatriques parce que Mini fait une crise de faux-croupe à quatre heures du matin, ou encore
- la tentation de programmer le réveil une heure avant le début d'une journée "habituelle" avec les enfants pour passer un moment "câlin" avec Mister....).

Je me suis accomodée de beaucoup de choses, notamment grâce à l'humour de Mister...

Mais depuis que j'ai des enfants, j'ai constaté qu'il y a une chose qui me pèse, j'ai découvert the chose qui a le don de m'agacer au plus haut point, pour ainsi dire tous les jours : à savoir ne plus pouvoir "vivre spontanément" et toujours devoir "anticiper".

Anticiper parce que là, ça va être Pâques et que durant cette période, les magasins seront fermés quelques jours et que, partant, je serais bien avisée d'acheter encore un paquet de couches, d'autant que, on parie, la semaine prochaine, la crèche va m'en demander un nouveau stock. Je peux bien sûr vivre "dangereusement" mais la simple vision d'une Madame Poppins errant, hagarde, d'une sation service à l'autre pour trouver la bonne taille de couches un dimanche soir provoque une attaque de panique. Chez moi, pas chez Mini qui trouverait certainement que faire pipi et plus si entente dans son pyjama est très amusant...

Anticiper parce que là, Mini va bientôt avoir deux ans et que si je veux pouvoir voir le pédiatre pour son contrôle des 24 mois le mercredi après-midi, pas à 13h00 parce qu'il est alors super méga grognon (pas le pédiatre, Mini), pas à 17h45 parce que voir ci-avant, je ferais bien d'appeler demain, pour prendre d'ores et déjà rendez-vous, sous peine de voir "mon" créneau horaire déjà pris si j'appelle une semaine avant le deuxième anniversaire de mon cadet.

Anticiper parce que là, franchement, c'est une aubaine, ces vestes d'hiver soldées mais diable, quelle taille fera Junior l'hiver prochain, à 5 ans ? Encore que là, le dilemne n'est pas tant dans la taille (à son âge, on grandit moins vite) mais dans la question qui ne trouvera réponse que dans douze mois "est-ce que le super motif pirate et têtes de mort au dos lui plairont encore ?".

Anticiper parce qu'au mois de juillet, le cousin de Mister et sa femme (celle du cousin, hein, pas celle de Mister, c'est moi la femme de Mister) fêtent leur dix ans de mariage, fête "sans enfants". Donc, faut que je trouve une baby-sitter pour le week-end du 31 juillet au 1er août. Eh zut, voilà pas que belle-maman est aussi invitée à la fête et que GM2 (grand-mère 2) est en vacances à cette date... tant pis, on verra la semaine prochaine avec la marraine de Mini.... allez, vite, faut que je note dans mon agenda, sinon, je vais oublier de lui demander.

Anticiper parce que après-demain, ma séance avec mon directeur va se terminer tellement tard que je n'aurai plus le temps de faire des courses et que si je ne veux pas avoir un mari de mauvaise humeur parce que nous mangeons pour la troisième fois de suite des pâtes à l'huile d'olive - parmesan, je serais bien inspirée de penser à du jambon au madère pour jeudi soir quand je ferai les courses aujourd'hui...

D'ailleurs, à force d'anticiper, chaque sortie avec les enfants ressemble à un véritable déménagement : comme il fait froid mais que les enfants voudront quand même aller dans le jardin, chez ma copine, je vais prendre les écharpes et les gants. Et comme le jardin est trempé, je vais prendre des pantalons de rechange. Et comme on va rentrer tard, je vais prendre aussi les doudous de chacun, sans oublier les pyjamas au cas où on resterait pour souper chez la copine, pour que les enfants puissent aller dormir.... Ah oui, le sirop contre la toux pour Mini, le DVD fétiche de Junior parce que ceux que possèdent les enfants de la copine, bien plus grands, sont trop violents.... Les couches, les lingettes.... Et encore, là, j'ai plus besoin de citer la banane (pour la compote) et la petite cuillère pour Mini, qui accepte (enfin) de prendre un goûter de "grand"....

En d'autres termes, je suis tout le temps en train d'anticiper et je me demande si parfois, à force de faire tourner mon cerveau toujours vers "demain" et "au cas où", je ne serais pas en train de passer à côté de certaines choses, de ne plus vivre pleinement l'instant présent.

Mais bon, la question va rester ouverte parce que là, faut que je file : ben ouais, j'anticipe un peu sur le prochain billet puisque le parrain de Junior vient pour l'apéro, demain soir. Je n'aurai donc pas le temps de l'écrire à l'heure "usuelle"... Dois-je en conclure qu'un blog, c'est encore une raison de passer à côté du moment présent ?

dimanche 18 mars 2007

Le prix des choses

Il est généralement admis que les choses ont un "prix".

Tenez, par exemple, le "savoir". Tout le monde est conscient que le savoir a un prix : il suffit d'écouter les parents d'un bachelier, qui s'inquiétent, tout en étant fiers, que leur descendance souhaite étudier l'égyptologie ou la physique nucléaire, la faculté, qu'elle soit de "sciences" ou de "lettres" n'étant que rarement source de revenus immédiats et généralement synonyme de dépenses, longtemps, pour les parents... en particulier quand ledit rejeton "menace" de partir, lui, ses chaussures taille 44, ses lunettes de myope et ses points noirs, faire un doctorat aux Etats-Unis.

D'ailleurs, tout gouvernement sait que le savoir a un prix que certains ne peuvent pas se permettre de payer et octroie, à des conditions plus ou moins faciles à remplir, des "bourses" d'étude, pour que même "fauché", l'étudiant puisse accéder à la connaissance.

De plus, la notion de "prix des choses" est si bien "implantée" qu'elle a même motivé quelqu'un à en faire le titre d'un article de son blog, c'est dire la "popularité" du concept.

Finalement, demandez à Aung San Suu Kyi ce qu'elle pense du prix de la liberté, elle qui n'a pas pu assister aux funérailles de son propre mari...

Bref, les choses ont souvent un prix...

Dans un monde où nombreux sont ceux qui possèdent un portable, pour téléphoner ou pour surfer, tout en jetant un oeil sur le téléchargement de musique diverse sur un i-pod, dans mon microcosme, où je suis entourée de bruits les plus divers (cris de rage de Junior à qui j'ai refusé la télévision à 9 heures du matin, sanglots de désespoir de Mini qui voudrait jouer justement avec le même dinosaure que son frère), sachant que je peux écouter Radio Moscou par internet, que je bosse dans un domaine où la parole est principale, j'en suis arrivée à la conclusion pour moi, c'est surtout le silence qui a un prix.

Son prix ? CHF. 180.- pour 45 minutes de silence complet, la semaine passée, sur le divan... mais pas moyen de faire taire mes pensées pour autant, caramba, encore râté ! ;-)

samedi 17 mars 2007

En dessous de la ceinture

Puisque, jusqu'à preuve du contraire, nous sommes ici "entre nous" (quelques "happy few" assez motivé-es pour me lire ou pas assez courageux-ses pour rayer ce lien de leurs favorits), je vais partager avec vous "un grand moment de solitude".

J'avertis d'ores et déjà les âmes sensibles que "ce grand moment de solitude" va à nouveau être en dessous de la ceinture. Je dis "à nouveau" parce que le récit des flatulences de Junior n'a pas constitué ce qu'on pourrait appeler une prose à haute teneur intellectuelle. Donc, si vous ne vous sentez pas de taille à affronter une certaine forme de réalité "crue", passez votre chemin...

Imaginez la scène qui s'est déroulée vendredi, durant ma pause : Madame Poppins, seule, allongée sur une "table" de physio, l'image est somme toute peu insolite pour qui connaît mes problèmes de dos.

Toutefois, c'est sans pantalon et sans slip que je "gisais" là. Et, en apparence parfaitement immobile, je tentais de contracter mon périnée au rythme des pulsions électriques dégagées par la sonde supposée m'aider à retrouver un tonus suffisant pour éviter qu'un éternument de "gros rhume de novembre" ne se transforme en un encore plus grand moment de solitude...

Pourquoi j'ai connu "un grand moment de solitude" ? Parce que durant les 20 minutes qu'a duré la séance, je n'ai pensé qu'à une seule chose : "mon dieu, je pue des pieds" !

Ne vous avais-je pas avertis que c'était "en dessous de la ceinture" ?! ;-)

A bientôt si vous le voulez bien,

vendredi 16 mars 2007

La caisse du chat

La situation de départ est simple.

En Suisse, l'assurance-maladie est obligatoire en vertu de la LAMal. C'est à ce titre que j'ai contracté, bon gré mal an, une police auprès de l'entreprise, appelons-la X.

A la naissance de Junior (4 ans) et de Mini (2 ans), j'ai également conclu une assurance LAMal pour eux, auprès de la même compagnie.

Ma qualité d'affiliée me donne le plaisir inégalé de recevoir mensuellement le "journal" d'entreprise, qui me présente toutes les bonnes raison de manger sainement, de m'adonner à la marche et d'éviter toute forme de stress, non pas que mon bien-être soit une réelle préoccupation pour les actionnaires mais parce que mon éventuel mal-être pourrait se traduire par une obligation de couverture des frais de la part de ladite entreprise.

Malgré leur intelligence largement supérieure à la moyenne et leurs indéniables capacités d'apprentissage, mes deux bambins ne savent pas encore lire. Il est donc totalement inutile de faire parvenir à chacun d'entre eux un exemplaire personnel. Et quand bien même ils sauraient déjà lire, je persiste à penser qu'un seul exemplaire par foyer est suffisant.

Forte de cette conviction, qui s'ajoute à mon désir de faire, au quotidien, de petits gestes "écolos", j'ai appelé ce matin l'antenne locale de l'assurance. Mon interlocuteur, fort aimable, a surtout été interloqué par ma demande. Demande qu'il m'a chargée de transmettre à la centrale des prestations. Laquelle m'a fait savoir qu'une telle demande ne ressortissait pas de sa compétence et que je devais en référer au secrétariat général...

Je ne m'étendrai pas sur la notion de "service à la clientèle", cette notion semblant totalement inconnue à mes trois interlocuteurs et me contenterai maintenant d'espérer que le mois prochain, je ne me verrai pas une fois de plus contrainte de me rendre à la déchetterie avec trois exemplaires non lus d'un journal qui n'intéresse vraiment personne. Ah, si seulement j'avais un chat, le format est juste correspondant aux dimensions d'une caisse...

A bientôt si vous le voulez bien,

jeudi 15 mars 2007

To work or not to work...

... that's the question.

Etre femme au foyer, "sans activité lucrative, dépendante ou indépendante" versus rejoindre patron et collègues sa taille de guêpe même pas encore retrouvée, à temps plein ou à temps partiel, voilà un choix qui n'est pas simple et qui relève souvent de la quadrature du cercle.

Cette quadrature, si elle est déjà relativement flagrante après la naissance de BB1 (où l'on apprend avec stupeur que les délais d'attente, dans la crèche du quartier sont de 5 ans.... ou que toutes les mamans de jour ont une disponibilité pour accueillir un enfant dès votre reprise professionnelle, à condition que ledit enfant ait.... 4 ans !), devient une évidence criante après la naissance de BB suivant, qu'il soit 2, 3 ou 4...

Même pour un homme, la question "to have or not to have children" se pose : un extrait d'un message reçu il y a déjà quelques jours de la part d'un homme, avocat, docteur en droit et ne manquant pas d'humour, le montre bien :

"A la lecture des billets, une idée m'est venue : quand tes enfants seront grands, tu pourrais faire une thèse et quand ma thèse sera prête (...), je pourrais faire des enfants. Comme cela, nous pourrions écrire un jour, ensemble, un autre billet dont le titre serait : "Pourquoi la vie commence à 65 ans".

Les plus perfides d'entre vous diront que jusqu'à preuve du contraire, ce sont les femmes qui "font" les enfants; n'empêche, reconnaissons à un homme moderne la grande qualité de réaliser qu'un enfant, c'est une des "activités" les plus chronophages qui soit et "faire" un enfant dans de "bonnes" conditions, c'est justement être en mesure d'offrir ce temps. Mais je m'égare, je m'égare, revenons à nos moutons...

Alors, sans aller jusqu'au constat que la vie commence à 65 ans, je me demande quelles "actions" et quelles mesures je peux prendre, moi, à mon niveau, pour que la reprise, si reprise il y a, ne soit pas forcément un "temps partiel pour madame, le job de monsieur imposant, implicitement ou explicitement, un 100%".

J'aimerais pouvoir avoir l'optimisme de croire que de réels bras de leviers sont possibles au niveau politique et législatif. Toutefois, sachant notamment que même les études les plus convaincantes, prouvant qu'un franc investit dans une structure d'accueil rapporte de l'argent à la collectivité, n'ont guère motivé nos élus, sachant qu'il a fallu 50 ans pour que le mandat constitutionnel prévoyant l'introduction d'une assurance-maternité trouve une concrétisation légale, je peine à voir le verre comme étant à moitié plein, du moins à ce niveau-là.

En revanche, je m'interroge quant à ma responsabilité en tant que mère de deux garçons... pour qui, à 4 et 2 ans déjà, la moto, elle a un conducteur "monsieur" et qui sont convaincus que c'est la "maman" qui fait à manger (ceci malgré le fait que chez les Poppins, c'est Mister qui est le roi de la cuisine, ceci même au quotidien - au passage, merci chéri -).

Et même si j'essaie de corriger certains clichés, ma tentative d'acheter une poupée à Junior s'est soldée par un échec flagrant : il l'a prise par les pieds et l'a lancé dans un coin de sa chambre... avant de reprendre son camion préféré !

A bientôt si vous le voulez bien,

mercredi 14 mars 2007

L'innocence de l'enfance

Aujourd'hui, je serai brève, une fois n'est pas coutume.

Brève parce que l'anecdote qui m'a fait trouver une nouvelle fois le chemin du clavier s'est déroulée en moins d'une minute, hier midi, dans la salle de bain.

Junior (4 ans), assis en face de moi, la bouche sagement ouverte pour que je puisse terminer un brossage de dents qui, sans mon passage, resterait trop superficiel, lâche ce qu'on peut appeler un "vent très sonore et odorant"...

Sur ce, il éclate de rire, attend que je termine mon inspection dentaire et me dit, très fier : "moi, quand je pète, ça fait beaucoup de bruit et ça pue".... après une seconde d'hésitation, il ajoute "et j'adore quand ça pue très beaucoup !"

Quand on pense au soulagement que procure un vent, de faible ou forte intensité, qui s'est enfin frayé un chemin jusqu'à la "sortie", je me demande bien pourquoi, moi, en pleine séance, je passe dix minutes à me retenir et à me tortiller sur ma chaise, de crainte de voir six personnes se tourner vers moi ou, pire encore, de sentir ma voisine de table défaillir....

Franchement, je plaide pour un affranchissement des conventions sociales parce que péter, c'est naturel, non ? Et qu'est-ce que ça fait du bien !

A bientôt si vous le voulez bien,

La vérité, rien que la vérité, toute la vérité...

J'ai longuement hésité quant au titre de ce billet : une référence à une cour de justice ou une allusion à la psychanalyse, genre "le blog, le divan de demain ?"

Dans la mesure où je suis encore une des rares personnes à utiliser un "agenda papier" et non un "organizer", j'ai aussi envisagé, mollement, d'intituler le message du jour "quel avenir pour le journal intime ?".

Finalement, la télévision étant plus répandue que le divan et l'avenir des outils tels que Palm Pilot plus assuré que celui des cahiers Clairefontaine, j'ai opté pour le célèbre "jurez-vous de dire la vérité, rien que la vérité, toute la vérité ?", que nous avons tous entendu au moins une fois dans notre vie, avachis dans un fauteuil confortable, "mon amour, tu m'amènes une bière ?".

En d'autres termes, la question qui se pose est "l'auteur d'un blog doit-il la vérité, rien que la vérité, toute la vérité à ses lecteurs ?"

Evidemment, quand l'auteur du blog est un cuisinier de grands talents, les lecteurs sont certainement en droit d'attendre que les quantités indiquées dans la recette du chef soient exactes... Lorsque le rédacteur est prof de français, il serait de bon ton que son explication relative à l'usage de "au temps pour moi" soit correcte...

En revanche, en va-t-il de même lorsque la personne qui se trouve derrière l'écran et en face du clavier est une espèce d'alien, perchée sur des talons, tentant d'une main de porter les courses du jour, de l'autre de ranger poussette, chaussures taille 29 et divers modèles de voiture de course, éparpillées derrière la porte d'entrée ?

Ainsi, plus sobrement et pour faire une comparaison assez flatteuse, existe-t-il une ressemblance, même si seulement morale, entre une mère de famille travaillant à temps patiel et un artiste culinaire ?

Après une mauvaise nuit de sommeil - merci, les enfants, eux, ont dormi 12 heures d'une traite - j'en arrive à la conclusion que non, je ne vous dois pas toute la vérité ! Parfois parce que, "crue", elle serait bien banale et guère digne d'intérêt; parfois parce que trop de franchise impliquerait d'autres personnes qui, elles, n'ont pas le désir d'étaler leurs états d'âme à un lectorat, aussi restreint fût-il. Finalement, si je disais "tout, rien que la vérité, toute la vérité", que pourrais-je encore écrire dans mon journal intime, ce grand cahier ligné, qui contient un brin de lavande...

En revanche, nombrilisme quand tu nous tiens, un peu comme sur le divan, c'est certainement de ma vie et de mon quotidien que seront inspirées mes tribulations....

Moralité : Freud, mon Macintosh et ma plume Cartier feraient-ils quand même bon ménage ?

A bientôt si vous le voulez bien,

mardi 13 mars 2007

La maitresse de Mister

Pour vous, Mesdames...

"Je te présente ma maitresse, elle est super, elle est sympa, jeune, belle et intelligente, elle va vivre ici, avec nous et en plus, on va être super heureux tous ensemble !"... Imaginez un peu votre tête si, un matin, votre mari vous disait une telle chose....

"Impensable", "grotesque", "exclu, je demande le divorce", voilà ce que vous me répondriez, d'un ton ferme ou scandalisé. Et vous auriez probablement raison, même si je laisse à chacune son appréciation de la notion de "fidélité au sein du couple".

Et pourtant, voilà en résumé ce que représente, pour un enfant, de sexe masculin ou féminin peu importe, la naissance d'un deuxième enfant...

Il paraît que la fratrie, ça crée des liens, ça apprend le partage et la vie "en société"....

Au-delà de ces belles "qualités", réelles ou supposées, s'ajoute aussi environ une tonne de problèmes qui n'auraient jamais existé si vous n'aviez pas cédé, Mesdames, à l'envie de voir à nouveau votre ventre s'arrondir et à votre besoin, quasi hormonal, d'utiliser à nouveau la si belle poussette high-tech achetée pour BB1 au mépris de votre petit budget et des regards réprobateurs de votre banquier...

A commencer par "que faire de BB1 pendant je profite de cet instant d'une incroyable force romantique qu'est l'échographie endo-vaginale".... S'ensuit bien entendu la crise de nerf liée à la fatigue des premières semaines de grossesse, pendant que BB1, tout content d'un début de douce torpeur de sa mère, jette l'entier d'un rouleau de papier toilettes, justement dans la cuvette, certes prévue à cet effet mais dans des quantités largement inférieures....

Je passe comme chat sur braise sur la grande question qui omnibule toute future mère de BB2, qui est, à choix ou cumulativement,
- vais-je aimer BB2 comme BB1 (parce que là, c'est trop tard, fallait réfléchir avant)
- qui va garder BB1 pendant que je contracterai aux 3 minutes (question à laquelle chacune apportera une réponse différente, en fonction de sa relation d'amour - haine avec belle-maman : remarquez, vous avez encore quelques mois pour vous rabibocher avec elle)
- comment expliquer à BB1 que BB2 est en train de grandir dans son ventre (là, gardez peut-être juste à l'esprit que BB1, à trois ans, est trop petit-e pour comprendre "les abeilles et les fleurs" et qu'il est généralement très doué pour poser des questions difficiles si vous optez pour une stratégie plus "directe" : "mais alors, maman, ça veut dire que t'as mangé un bébé ?" + cris et hurlements).

Et j'en arrive tout de suite à la naissance de BB2....

Avec un poupon forcément "magnifique, il a tes yeux et mon nez" dans les bras, vous aurez à coeur de présenter "la fratrie"... pendant que BB2 hurle parce qu'il est l'heure de la tétée et que BB1 tente de grimper sur le lit, immaculé, de la maternité, ayant découvert qu'au plafond, "cool, maman, elle a une TV, je peux regarder ?", oubliant ses souliers crottés et son nez qui coule....

Durant les premières semaines, même le meilleur anti-cernes du marché cosmétique ne permet généralement pas de garder l'air digne : afin que maman puisse avoir le bonheur de passer un peu de temps seule avec chacun de ses enfants, BB2 s'endort juste quand BB1 se réveille, tout content de commencer une journée, soit avec le dynamisme caractérisant les enfants dont on a bien pris soin ("on va quand faire du vélo, hein, maman ?") ou avec une "bonne" humeur si douce à 7h00 du matin : "y a plus de choco poooooooooooooops", en reversant bien entendu le lait sur le carrelage....

La machine à laver le linge choisit en principe aussi les premières semaines de la "fratrie" pour rendre l'âme, permettant à monsieur de retrouver à son retour, souvent trop tard, "c'est à cet' heure-là que tu rentres ?", une femme au bord du suicide, avec une dizaine de bodies sentant ou le lait "caillé" ou, pire, le caca....

Que vous décidiez d'être maman-biberon ou maman-nénés, de toute façon, il n'y a pas moyen de se mettre à l'abri des remarques de l'entourage, bien pensant et fort mal informé... qui a un avis sur tout, même sur le choix de l'imprimeur, qui a forcément perdu les faire-parts de naissance....

Le facteur apporte toujours les cadeaux (avec un mois de retard, les faire-parts ont été retrouvés) durant les 10 minutes où tout le monde s'est assoupi et s'étonne, de façon plus ou moins discrète, de vous trouver en pyjama à 14h00....

La cerise sur le gateau, c'est le mail du bureau, qui vous lance un appel désespéré "sans toi, on s'en sort pas dans le dossier Duschmolle, tu reviens quand ?"....

Bienvenue dans mon monde.... non pas que j'aie encore besoin d'un anti-cernes, mes enfants, Junior (4 ans) et Mini (2 ans) dorment "synchrones" depuis plusieurs mois déjà.... Il se trouve juste que j'ai envie, ici, par le biais de quelques billets, de vous faire partager mes tribulations....

Entrez donc et installez-vous, pour une lecture en diagonale si vous avez vous aussi quelques corbeilles de linge à ranger avant de retourner traîter le dossier Duschmolle, pour un commentaire si le coeur vous en dit parce que votre patron est en voyage ou que votre descendance accepte encore de faire la sieste....

In ev'ry job that must be done
There is an element of fun
you find the fun and snap!
The job's a game

Nad ev'ry task you undertake
Becomes a piece of cake
A lark! Aspree!
It's very clear to me

That a...
Spoonful of sugar helps the medicine go down
The medicine go down-wown
The medicine go down
Just a spoonful of sugar helps the medicine go down
In a most delightful way

A robin feathering his nest
Has very little time to rest
While gathering his
Bits of twine and twig

Though quite intent in his pursuit
He has a merry tune to toot
He knows a song
Will move the job along

For a...
Spoonful of sugar helps the medicine go down
The medicine go down-wown
The medicine go down
Just a spoonful of sugar helps the medicine go down
In a most delightful way

Et ce "sucre", je l'espère, ça sera l'humour.... Parce que c'est le seul moyen de garder la tête "haute" lorsque, à la veille de la présentation du concept Duschmolle à la direction, BB1 débute une gastro et que BB2 refuse de dormir dans son lit...

A bientôt,

Madame Poppins