mercredi 28 novembre 2007

Tchou-tchou !

"Enco' train, enco" me répétait Mini (deux ans et demi), "enco".

Ce matin, la famille Poppins a fait une petite ballade, en rase campagne mais le long des voies de chemin de fer. A chaque passage de train, Junior et Mini agitaient la main, ayant constaté après le premier croisement que le mécanicien répondait ou, mieux encore, les saluait d'un bref "tchou-tchou" !

On dit que "les routiers sont sympas" : ce soir, j'ai l'impression que c'est surtout les "cheminots" qui sont sympas aux yeux de mes enfants, merci pour eux, vous qui avez répondu à leurs gestes.

A bientôt si vous le voulez bien,

mardi 27 novembre 2007

Le moteur

Côté boulot, j'ai deux "moteurs" puissants qui me font avancer malgré les fréquents changements d'horaire et le "jonglage" avec la garde des enfants, les réunions à rallonge, les procédures plus ou moins pertinentes : le sentiment d'être utile - bien qu'il soit difficile à décrire - et le plaisir de bosser avec des gens que je pense être intelligents.

Lorsque j'ai tout à coup le sentiment qu'on me prend pour une débile - désolée pour la vulgarité -, un troisième moteur se met en marche chez moi : je consulte les offres d'emploi... Je n'exclus pas d'être une conne mais je suis une conne qui sait qu'il existe d'autres employeurs !

Et vous, quels sont les "moteurs" qui vous font rester et lesquels vous font prendre la décision de changer de job ?

A bientôt si vous le voulez bien,

lundi 26 novembre 2007

Les procédures

Dans le monde professionnel, tout le monde connaît les "procédures", supposées simplifier la vie de l'ensemble des collaborateurs (créant surtout du boulot à qui rédige lesdites procédures), censées faire gagner du temps et rarement sensées : qui signe quel type de courrier, qui a quelles compétences budgétaires, comment classer les documents, combien de temps conserver des pièces comptables, la présente liste étant tout sauf exhaustive.

Dans l'entreprise dans laquelle je travaille, il y a une procédure que je trouve de prime abord relativement importante : que faire en cas d'incendie. Finalement, il est toujours bon de se faire rappeler des règles basiques, notamment "ne pas emprunter l'ascenseur", quel numéro d'urgence composer, la panique et le stress étant souvent mauvais conseillers.

Sauf que mon employeur a jugé idoine de placer ces consignes dans un endroit fort "stratégique", visité tôt ou tard par tout le monde, même les princesses : les toilettes !

Ainsi, les pantalons à mi-mollets ou ma jupe en "vrac" autour du ventre et le slip à mi-cuisses, j'ai tous les jours le plaisir de lire, au dos de la porte, à quel endroit le personnel est supposé se regrouper si d'aventure, le feu devait venir troubler la quiétude du jour : franchement, j'aurais préféré que mon employeur affiche là une consigne du genre "merci de remplacer le rouleau vide, l'usager suivant vous en sera reconnaissant" !

A bientôt si vous le voulez bien,

samedi 24 novembre 2007

Les 26 lettres de l'alphabet

Le "jeu", vous le trouverez sur cuk. Le "corrigé" juste ici en dessous.

1. Procédé thérapeutique consistant à verser de l'eau froide ou chaude sur une partie du corps.
2. La bogue.
3. Coriandre est féminin.
4. Les deux sont corrects, familiers et synonymes.
5. Entreprenant.
6. Fuyant, ante.
7. Il s'agit de la lettre G.
8. Hors-service s'écrit sans trait d'union : hors service. L'orthographe des autres est correcte.
9. Les trois indiquent des unités de sensibilité des émulsions photographiques.
10. Vrai; elle est également utilisée en médecine, comme calmant, appelée aussi "herbe des chevaux" ou "herbe aux poules".
11. Les deux sont admis pour cette boisson gazeuse et acidulée, obtenue en faisant fermenter du petit-lait (chèvre, jument, vache) avec une levure.
12. Luciférien.
13. Au terme "crachat", le "mollard" en étant un synonyme populaire et vulgaire.
14. Le pluriel est "nu-pieds".
15. Oui : il s'agit d'un nom féminim, signifiant "parole vive par laquelle on essaie de détourner quelqu'un d'agir comme il se propose de le faire.
16. Pécuniaire, les autres termes n'existant pas.
17. Faux, le quarteron est le fils d'un blanc et d'une mulâtresse ou d'un mulâtre et d'une blanche.
18. Le rets
19. Faux, le superwelter est un boxeur pesant entre 67 et 71 kg.
20. Accepter un défi, un enjeu; taper dans la main, heurter le verre pour signifier qu'on accepte, qu'on conclut un marché.
21. Uxorilocal, ale, aux.
22. Accabler de fatigue, éreinter, harasser. Garnir de vannes. Se moquer de , lancer des vannes à quelqu'un.
23. Wagnérien, walkman, walkyrie, watt, water-polo, wallon, western, whiskey, won, wolof, wishbone, wisigoth, wallaby.
24. Xylème est masculin et signifie le bois, par opposition à l'écorce.
25. Yakusa ou yakusas, les deux sont admis.
26. Faux, la zoé singifie également "forme larvaire des crustacés décapodes qui succède au stade nauplius".

Tous les termes sont tirés du "Petit Robert 2001".

Alors, vous vous en êtes sortis comment ?

A bientôt si vous le voulez bien,

mercredi 21 novembre 2007

Sang-froid

Pour continuer dans les expressions, il en est une à laquelle j'ai beaucoup pensé ce matin, durant une négociation professionnelle particulièrement difficile : ne pas perdre son sang-froid.

Je ne crains ni les échanges vifs ni les opinions divergentes mais au cours de cette réunion, l'un de mes interlocuteurs est devenu tellement agressif et si blessant que la seule chose qui m'a empêché de quitter la salle, c'est la perspective que mon départ ne ferait que reporter le problème à un autre jour, les points à traiter ne pouvant pas être effacés ou ignorés.

Je suis donc repartie de cette rencontre relativement frustrée de ne pas avoir su "désamorcer" avec plus d'élégance les attaques de mon vis-à-vis et me suis demandée si vous, vous aviez des trucs efficaces pour ne pas avoir de coup de sang, qui pourrait entraîner une perte dudit sang !

A bientôt si vous le voulez bien,

mardi 20 novembre 2007

Utiles - inutiles

Dans la vie, il existe très exactement deux sortes de métiers : ceux qui sont utiles et ceux qui sont inutiles.

Les professions utiles ? Coiffeur, couturière, garagiste, boulanger, boucher, agent de voyage, décorateur d'intérieur.

Parmi les inutiles, en vrac, médecin, psychiatre, avocat, entrepreneur de pompes funèbres.

Voilà, c'est dit : j'exerce une profession inutile. Pourquoi un jugement aussi radical ? Tout simplement parce que le lien (amitié, amour, de sang) que le boulanger peut avoir avec son client ne l'empêche pas d'être un artisan hors pair; une coiffeuse peut, durant des années, faire des mèches à sa soeur sans que la qualité de son travail ne soit remise en question.

En revanche, un médecin ne devrait pas soigner son meilleur ami, sauf en cas de gueule de bois; un psychiatre ne devrait jamais accepter d'avoir comme patient son père, la proximité affective nuisant très souvent à l'objectivité, au recul du professionnel, pourtant tellement nécessaire à une bonne prise en charge, à un bon suivi, à une bonne défense.

Ce soir, je me suis résolue à aiguiller une personne que j'apprécie vers un autre avocat, craignant de ne pas être assez détachée pour la représenter. Et c'est en ça que ma profession est "inutile" parce que c'est aussi ceux qui me sont chers que je voudrais pouvoir aider !

Votre profession : utile ou inutile ?

lundi 19 novembre 2007

Le charme des expressions

Une langue est comme un clé : elle ouvre une porte, vers une nouvelle culture, vers d'autres us et coutumes et, lorsque maîtrisée suffisamment bien, vers d'autres écrivains, poètes.

Une langue, c'est aussi beaucoup d'expressions, parfois assez amusantes dans leur traduction littérale. Ainsi, nous avons tous appris que s'il pleut des cordes lorsqu'on est francophone, cette même flotte se trouve transformée en "chats et chiens" pour les anglophones.

En allemand, j'aime bien l'expression "etwas auf die lange Bank schieben", qui signifie peu ou prou "repousser quelque chose aux calendes grecques" mais qui, en mot à mot, se traduit par "pousser quelque chose sur le long banc".

Ce soir, j'ai tenté d'expliquer à Mademoiselle J. ce que signifie "faire la tournée des popotes" : son air concentré mais quelque peu perplexe m'a rapidement fait comprendre que justement, elle n'avait pas bien compris mes piètres exemples.

A défaut de trouver l'équivalent en allemand, comment expliqueriez-vous cette "tournée des popotes" ?

dimanche 18 novembre 2007

L'ambiance

Vendredi, 13h00, cafét' du boulot. Grande discussion tournant autour de "et toi, tu t'habilles comment ?" : forcément, le soir même doit avoir lieu la soirée de Noël de la "boîte".

Fatalement, il s'est trouvé quelqu'un pour me poser la question. A laquelle j'ai répondu : "aucune idée, je ne viens pas". Et là, évidemment, mon interlocuteur m'a demandé pourquoi. "Parce que je n'en ai pas envie".

Deux secondes de silence complet, regards consternés. "Aurais-je mal compris le concept ? J'ai reçu l'invitation, j'ai cru qu'il fallait s'inscrire si on avait envie de venir, je n'avais pas envie, je ne me suis pas inscrite".

On parie que demain, c'est ceux qui auront regretté de s'être inscrits qui tenteront le plus de me convaincre que j'ai loupé quelque chose ?

Vous, les soirées du boulot, vous aimez ou vous fuyez ?

jeudi 15 novembre 2007

Le toucher

Dans la vie, il y a les gens visuels, capables de se souvenir d'un visage, même croisé fugacement, de reconnaître un lieu pourtant aperçu juste sur une carte postale.

Il y a les olfactifs, qui hument longuement le vin avant de le boire, qui aiment sentir les fleurs et qui vous parleront de leur enfance en évoquant l'odeur de l'herbe fraîchement coupée.

Les gustatifs, eux, peuvent disserter des heures sur la pointe d'aneth, nécessaire ou non à l'harmonie d'un plat; ils ne se lassent pas d'évoquer une randonnée en citant le goût de la viande séchée sur le pain de seigle, dégustés après l'effort.

Il y a les auditifs, qui ne se souviennent peut-être pas d'un visage mais qui identifient immédiatement les gens au timbre de leur voix, qui distinguent sans hésiter le phrasé de Maxim Vengerov de celui d'Anne-Sophie Mutter.

Finalement, il y a les tactiles. Qui aiment et qui ont besoin de toucher. Les tissus, les sculptures, les enfants, les animaux.

Les tactiles, je les fuis comme la peste quand ils m'approchent de trop près, pour souligner chacun de leurs propos notamment par un contact de la main sur le bras, sur l'épaule : ma bulle, j'y tiens, il ne faut pas y entrer sans y avoir été convié. Dommage qu'elle soit transparente, cette bulle.

Et vous, "iceberg" comme moi ou à la recherche de contacts ?

A bientôt si vous le voulez bien,

mercredi 14 novembre 2007

La vertu

Moyennant quelques arrangements avec ma conscience et un généreux pot-de-vin à l'attention de la jeune fille au pair, j'aurais pu profiter de l'absence de Mister pour me plonger non pas parmi les poissons mais dans le stupre.

Être vertueuse a finalement du bon : Mister est rentré avec 48 heures d'avance, ce soir ! Et qu'est-ce que ça m'énerve que la première chose à laquelle j'ai pensé en le voyant débarquer à l'improviste, ça soit ... "mince, je suis mal coiffée" !

A bientôt si vous le voulez bien,

mardi 13 novembre 2007

La distance qui rapproche

Si vous saviez à quel point Mister peut parfois m'énerver...

Il m'énerve parce qu'il ne supporte pas l'idée de ne pas avoir au moins quatre rouleaux de papier toilette, trois litres de jus d'orange et cinq litres de lait dans l'armoire à provision et que "quand tu prends le dernier produit vaisselle, faut noter pour qu'on en rachète, c'est quand même pas compliqué".

Il m'énerve parce qu'il est capable de se pointer à un anniversaire sans cadeau, sans avoir mauvaise conscience pour autant.

Il m'énerve parce qu'il voudrait à tout prix que j'utilise firefox au lieu de safari - comme si ça faisait une réelle différence -.

Il m'énerve parce que quand je me plains d'avoir grossi, il me répond "ben, mange moins".

Il m'énerve parce qu'il est capable de sortir avec les enfants en balade en laissant l'appartement en chantier "tu comprends, on est parti précipitamment".

Depuis lundi matin, il est en France pour plonger et il m'énerve.... parce qu'il me manque : la vie sans lui, c'est un peu comme une soupe qui manque de sel.

Faut croire qu'il n'y a rien de tel qu'un peu de distance pour se sentir proche !

A bientôt si vous le voulez bien,

lundi 12 novembre 2007

Le masque

Dans le monde virtuel du net (forum et blog en particulier), j'ai longtemps vu la vie en "noir-blanc" : il y avait tout d'abord ceux et celles que je connaissais déjà "dans la vraie vie" et dont la présence sur mon blog notamment n'était qu'un autre moyen d'échanger, la cafét' du boulot ne se prêtant pas forcément à certaines conversations.

Il y avait ensuite ceux et celles que je ne connaissais pas et que j'identifiais uniquement par leur pseudo, auquel se sont ajoutés, au fil du temps, des détails, majeurs ou mineurs. Toutefois, même si cet assemblage hétéroclite pouvait former parfois un tableau bien plus personnel et plus précis que la connaissance que j'ai de ma voisine de bureau, il n'a longtemps pas été question, pour moi, que le virtuel glisse dans le réel.

Par trois fois, cependant, j'ai passé dans le "gris" : j'ai quitté le monde virtuel, j'ai déposé le pseudo au profit d'un prénom, pour oser une rencontre en chair et en os.

A chaque fois, avec l'énorme crainte que l'autre ait surtout été séduit par le masque et ses paillettes, par le velours et la soie, par les perles et les brillants : derrière l'écran, lorsqu'on ne voit que les mots et les phrases, l'image qu'on se fait d'une personne est forcément différente de la réalité. Et il se pose bien sûr la question de savoir si ce "masque" tiendra face à un gros nez, un rire qu'on avait cru plus léger ou une furieuse tendance à jurer dans un embouteillage .

Aujourd'hui, spontanément, j'ai accepté le principe d'une quatrième rencontre : si l'idée de poursuivre de vive voix des conversations ébauchées ici, de préciser des événements esquissés sur le clavier est très séduisante, il n'en demeure pas moins que Madame Poppins, elle a... la trouille, malgré les trois premières rencontres dont elle garde un excellent souvenir !

Et vous, déjà franchi le pas ou votre monde virtuel s'éteint-il en même temps que votre ordinateur ?

A bientôt si vous le voulez bien,

dimanche 11 novembre 2007

L'Homme ou la Planète

Dès lundi 00h01, sur cuk, une question "économique", relevant de l'allocation des ressources : votre choix, l'Homme ou la Planète ? L'Homme et la Planète ?

A bientôt si vous le voulez bien,

mercredi 7 novembre 2007

Des excuses...

... j'aimerais en présenter à celles pour qui concevoir un enfant, ce n'est pas juste six mois de galipettes "viiiiite, chéri, j'ovule", deux tests de grossesse, le premier, négatif, puis quatre mois plus tard, le second, positif. Suivi de neuf mois, dont trois de nausées, deux de bonheur, un d'insomnie et de réveils fréquents pour faire pipi et trois d'interrogations multi-directionnelles et hautement "existentielles" : "j'accouche debout, couchée, à quatre pattes, dans la baignoire ou avec la péri dès mon arrivée à la mat' ?"

J'aimerais leur présenter des excuses, à ces femmes qui, après des mois d'attente, des mois d'espérances déçues, en arrivent à la longue ronde des tests, examens, plus ou moins bien prises en charge par le monde médical, plus ou moins bien épaulées par leur conjoint. Le tout au milieu de questions aussi "finaudes" que "et vous, vous attendez quoi pour faire un bébé ?", avec la variante "mais franchement, faut qu'on vous explique comment on fait un gamin ?".

Non pas que je sois "coupable" ou même seulement "responsable" de leur attente, de leurs souffrances, de leur si fréquente solitude, de leur douleur, souvent morale mais aussi physique; ça, je le sais, je n'y suis pour rien.

Ces excuses, j'ai envie de les présenter quand même parce que j'ai parfois une furieuse tendance à me plaindre très fort, de petites et de "grandes" choses aussi "pertinentes" que "j'en ai marre de descendre les poubelles de couches, y pourrait pas faire pipi sur le pot, non ?" ou encore "c'est dingue le prix des chaussures même en taille 24".

Ces excuses, j'ai envie de les présenter parce que parfois, dans mon ignorance, j'ai lancé des "des enfants, c'est vraiment la plus belle chose dans la vie" ou encore des "la vie prend un autre sens quand on a des enfants".

Parce qu'elles sont nombreuses, ces femmes qui voudraient avoir ce genre de "soucis" de couches ou de chaussures... et non pas encore un examen pour faire examiner leur glaire, pas encore une stimulation à supporter, un échec de transfert à devoir éventuellement "encaisser", le tout souvent sans rien dire à l'entourage.

Parce qu'elles sont nombreuses, ces femmes qui voudraient pouvoir elles aussi tenir un enfant dans leur bras, qui voudraient tout apprendre sur l'allaitement, sur les premiers pas et le meilleur moyen de faire partir même les taches de brocoli sur un petit pull taille quinze mois...

Donc, à vous toutes qui attendez de voir se réaliser ce qui était d'abord un voeu puis un désir ardent : je pense à vous ce soir et espère qu'à défaut d'avoir, moi, compris votre souffrance et votre peine, vous avez autour de vous des gens qui savent vous épauler et vous aider, dans vos démarches, dans votre acceptation, dans votre combat parfois.

A bientôt si vous le voulez bien,

mardi 6 novembre 2007

Présence, absence

On peut avoir souffert de son absence ou étouffé en raison de sa présence.

On peut avoir envie de s'appuyer sur son épaule ou de fuir son regard.

On peut vouloir connaître son avis ou faire fi de son opinion.

On peut l'admirer ou le craindre.

On peut garder de lui de merveilleux souvenirs ou avoir décidé d'oublier jusqu'à son prénom.

On peut lui en vouloir de ne pas être biologique ou reconnaissant d'être adoptif.

On peut l'avoir côtoyé sans le connaître vraiment, on peut l'aimer sans l'avoir croisé.

On peut penser à lui au passé, on peut l'envisager au futur.

On peut lui dire "tu" ou le vouvoyer.

Sa main peut être le symbole du soutien ou de coups.
Sa main peut être tendresse ou sévérité.
Sa main peut avoir été synonyme de réussite ou signe d'échec.
Sa main peut avoir été comme une bouée ou un refus.

Un papa ne suscite jamais l'indifférence : entre amour et haine, notre coeur navigue. Complice ou inabordable, un papa laisse forcément son empreinte au fond de nous.

Un jour, alors que j'étais petite, j'ai lâché sa main dans un supermarché bondé : jusqu'à ce que je retrouve sa chaleur, j'ai eu très peur. Quelques années plus tard, c'est la vie qui l'a lâché et jamais, je n'aurais alors imaginé qu'aujourd'hui encore, presque deux décennies plus tard, cette main me manquerait toujours autant.

Et vous, quel homme a été votre père ?

lundi 5 novembre 2007

Le coeur

Chère Madame,

Je ne suis pas certaine qu'anatomiquement, mon coeur soit à gauche - j'aurais vraiment dû écouter avec plus d'attention aux cours de biologie plutôt que de dormir à côté du radiateur -. En revanche, je sais que politiquement, il l'est.

Toutefois, s'il est à gauche, il n'en a pas pour autant une couleur politique unique, il n'en bat pas pour autant derrière une carte de parti : ce sont moins les logos ou les slogans qui m'intéressent que les hommes ou les femmes qui les portent.

Ainsi, avant d'inscrire des noms sur mes deux bulletins, le 21 octobre 2007, en vue de l'élection des membres de l'Assemblée fédérale pour que puisse être constitué le Parlement, j'ai longuement réfléchi, ne souhaitant pas faire usage à la légère de ce que je considère à la fois comme étant un droit mais également une obligation.

De ma plus belle écriture - il faut croire que j'ai davantage profité des leçons de français -, j'ai finalement écrit votre nom, prenant garde à ne pas l'écorcher : Marianne Huguenin.

En effet, j'avais le désir que vous puissiez être aussi ma représentante au Conseil national : grâce à votre parcours professionnel, qui vous permet certainement d'allier rigueur et empathie, votre chemin de vie, votre cursus politique, tant au niveau cantonal que fédéral, votre généralement excellente connaissance des dossiers en cours et vos différents engagements faisaient de vous, à mes yeux, la personne idéale.

C'est donc avec grand plaisir que j'ai appris que d'autres Vaudois avaient apposé le même nom que moi sur leur bulletin.

C'est donc avec beaucoup de tristesse, peut-être même avec une certaine colère, que j'ai appris, quelques jours après la publication des résultats, que vous renonciez à ce siège, au profit de Josef Zisyadis, non réélu par le peuple.

Ainsi, pour résumer très abruptement ma pensée, je me retrouve ainsi représentée à Berne par un homme dont le nom ne figurait pas sur mon bulletin.

Faut-il en déduire que l'être humain a moins d'importance que le parti politique qu'il représente ? Permettez-moi de ne pas partager une telle vision de la chose publique.

Puissiez-vous trouver dans votre mandat de syndique de Renens beaucoup de satisfaction : je doute que votre retrait, même pour des motifs que l'on pourrait qualifier d'honorables, m'en procure autant.

Avec mes salutations les meilleures.

dimanche 4 novembre 2007

Mon croissant du matin

Dans la vie, il y a des tonnes de choses qui m'ennuient mais que je fais quand même.

Tenez, descendre les poubelles, franchement, difficile de faire moins glamour comme activité, qu'on soit en survêt' moche ou en tailleur. Mais comme je n'aime pas m'enliser dans les odeurs de couches et celles provenant des restes de poisson de midi, je me déplace régulièrement en pestant jusqu'au container.

Parmi les activités sans intérêt, citons encore enlever la poussière : tout le monde le sait, passer la poussière consiste à la faire voler un peu, le plus haut possible d'ailleurs, dans l'espoir qu'elle mettra beaucoup de temps pour se reposer ailleurs. Je trouve cela illogique, inutile mais je le fais malgré mon aversion parce que cela me demande moins d'énergie que d'affronter le regard de ma mère et ses éventuels commentaires non sollicités sur la "tenue de mon ménage".

Finalement, la palme revient à "nettoyer la voiture". Là, on frise carrément l'activité débile et sans aucun intérêt : le fait de descendre les poubelles me permet de ne pas manquer d'air, nettoyer la voiture ne m'apporte strictement aucun bénéfice.

Toutefois, ce soir, j'ai passé l'aspirateur dans ma voiture. Uniquement pour échapper aux moult remarques et allusions plus ou moins discrètes de Mister qui, au contraire de moi, estime qu'une voiture doit être nettoyée à un rythme plus soutenu que tous les deux ans.

Donc, j'ai consacré vingt longues minutes à enlever les papiers qui jonchent le sol, à gratter les biscuits au chocolat incrustés dans les sièges des enfants et à déboucher l'aspirateur qui avait avalé une pièce d'un monstre quelconque venu d'un kinder surprise abandonné !

Je devrais donc être très contente, ma voiture est propre. En fait, je suis agacée parce que demain matin, je n'oserai pas manger mon croissant dans la voiture : je vais avoir peur qu'il fasse des miettes !

Et pour vous, quelle est l'activité inutile par définition ?

jeudi 1 novembre 2007

Je déteste les jeunes !

D'abord, j'ai pensé que je détestais seulement les jeunes version "jeans dévoilant le haut des fesses (certains de mes lecteurs étant mineurs, je m'abstiendrai d'utiliser ici une description moins chaste et un vocabulaire plus cru), boutons plein la tronche et communiquant par grognements, une bière dans la main droite, la gauche étant occupée à mettre une tape sur la fesse de la copine".

Ensuite, je me suis rendue compte que je détestais même les jeunes polis, faisant des phrases correctes et le cheveu pas gras. Ca, je le sais depuis deux jours, alors que je discutais dans ma voiture avec un ado que j'avais pris en stop : "ah, tiens, j'aurais pensé que vous aviez des enfants de mon âge au moins" m'a-t-il dit innocemment. Merci, mon p'tit gars, t'es bien poli pour dire "vous faites vieille".

Depuis ce soir, je reconnais que je déteste même les très jeunes !

"Quoi ??????" demande Junior, "c'est vraiment vrai ?"
"Ben oui, c'est vraiment vrai".
"Incroyable, j'arrive pas à imaginer !" insiste-t-il d'un air navré, "comment c'est possible, y'avait pas de Play-Station quand t'étais petite ?"

Merci mon chéri de m'avoir assommée ainsi et de m'avoir donné l'impression d'être un dinosaure ! Qu'est-ce que tu diras lorsque tu sauras que j'écoutais des vinyles et que je composais le numéro de téléphone de ma grand-mère sur un appareil à "cadran"...

Et vous, quand est-ce que vous vous sentez vraiment vieilles - vieux ?