dimanche 30 décembre 2007

Merci Mini !

Jusqu'à ses deux ans et demi, Mini était doté d'un vocabulaire comportant très exactement quatre mots : "papa-mama" et "pipi-caca", son mutisme étant pour le surplus tellement total que j'en étais parfois venue à m'interroger sur l'existence d'un "problème" (de nature indéfinie, son ouïe étant excellente et son développement pour le surplus totalement "dans la norme").

Très exactement dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre 2007, une révolution a eu lieu : Mini s'est couché presque monosyllabique pour se réveiller "causant à tort et à travers", à longueur de journées.

Ce qui a évidemment suscité l'admiration et les "bravo" d'usage de la part de la famille élargie, sauf de Junior (presque 5 ans), qui en a eu très vite marre que son frère répète chacun de ses propos, du matin au soir.

"Allons, Junior, sois sympa avec ton frère, tu as assez râlé qu'il ne parle pas et là, tu râles parce qu'il parle, tu devrais être content maintenant".

Depuis ce soir, j'ai aussi commencé à dire à Mini "arrête de répéter tout ce que je dis" lorsque je l'ai entendu dire un sonore "merde" juste après moi qui venais de casser un verre sur le sol de la cuisine !

Avec mes salutations les plus polies,

jeudi 27 décembre 2007

Dans le sable

On dit de l'autruche qu'elle se leurre elle-même en mettant la tête dans le sable : je suis une autruche ! Myope de plus !

La raison de mon "refoulement" ? Le fait que Mademoiselle J. va partir fin mars 2008, que dis-je... nous abandonner ! Je serais bien tentée de hurler au scandale, de lui coller un procès mais force est d'admettre qu'après douze mois de très bons et loyaux services, pour un salaire plutôt dérisoire, elle a bien raison de se lancer dans d'autres aventures : elle a raconté son lot d'histoires, changé des centaines de couches et rangé environ trois tonnes de jouets, il est temps pour elle d'aller sous d'autres cieux.

Pendant des semaines, j'ai préféré ne pas penser à ce prochain départ ou, plus précisément, à la recherche de la prochaine perle qui va venir habiter avec nous et s'occuper de Junior et de Mini. Toutefois, là, je ne peux plus faire semblant que Mademoiselle J. va rester "pour toujours" et je dois passer à l'action et entamer les démarches. Rien que l'idée d'échanger moult messages, répondre à plein de questions, en poser au moins autant à des candidats potentiels me donne envie de... me mettre la tête dans le sable !

Parce que si j'ai eu, pour les trois premières, fin à très fin nez, il m'aura fallu trier le bon grain de l'ivraie et ne pas céder parfois au découragement : entre la fille qui refuse de nettoyer les toilettes, celle qui ne mange que macrobiotique et celle qui refuse de laver son linge avec le nôtre, il faut une bonne dose d'humour et un brin de chance dans ce genre de recrutement.

Priez pour que j'aie un oeil d'aigle, un regard de lynx et un flair de berger allemand lorsque j'éplucherai les dossiers : l'autruche, dans ces cas-là, n'est plus de mise !

A bientôt si vous le voulez bien,

mercredi 26 décembre 2007

Noël, c'est fini

Bon, le "Christmas spirit", c'est terminé pour cette année. Et je vais profiter d'appliquer dès aujourd'hui ma bonne résolution pour 2008 : ne pas faire dans la paraphrase.

Ainsi, "droit direct" (comme on dit dans mon canton d'origine), je le confesse : je déteste recevoir des cartes de fin d'année avec, comme illustration, le ou les bambins de la famille. Parce que, franchement, pourquoi mettre ses enfants en photo sur une carte de voeux ? Non pas que je n'aime pas lesdits bambins, généralement charmants et super mignons : je me demande juste pourquoi les parents ne sont jamais sur la carte avec eux, hein ? Finalement, ceux ou celles que je côtoie, ce sont "le papa et/ou la maman" avant tout, c'est avec eux que j'entretiens des liens, parfois de simples connaissances, parfois de réels amis. Ainsi, dans ma petite "logique", si déjà, c'est la famille au grand complet, y compris le cochon d'Inde, qui devrait me parvenir, souriante, épanouie et heureuse, sur papier et enveloppe de luxe.

D'ailleurs, il y a quelque chose d'étrange à ces cartes sur lesquelles BB et Bambin sourient (sur une luge, devant le sapin ou sur le canapé du salon) sous le texte presque immuable de "nos meilleurs voeux pour Noël et une excellente année à venir": à peine sont-ils devenus Enfant (genre dix ans) ou Adolescent (genre quinze ans) que leurs bouilles disparaissent, cédant la place à des cimes enneigées ou des traîneaux.

Pour en avoir souffert, je sais que l'acné n'est pas très photogénique mais puisque je serais contente de voir la tronche des parents, parfois déjà un peu ridés ou un peu chauves, pourquoi bannir des "meilleurs voeux pour l'année à venir" les points noirs de leur descendance ?

A bientôt si vous le voulez bien,

dimanche 23 décembre 2007

Le "Christmas spirit"

L'esprit de Noël.... voyez ici et partagez avec moi vos impressions !

A bientôt si vous le voulez bien, avec mes plus sincères voeux de bonheur,

vendredi 21 décembre 2007

Le silence

Vous l'avez certainement déjà connu, le silence de l'ascenseur. Non pas que ces machines soient particulièrement silencieuses, non : c'est bien davantage les personnes contenues quelques secondes dans cet espace restreint qui le sont. Ainsi, il y a celles qui scrutent le plafond, à la recherche d'un message pour occuper leur regard - même s'il s'agit de la mise en garde que l'ascenseur est interdit aux enfants de moins de 12 ans non accompagnés - et il y a celles qui fixent le bout de leurs chaussures, comme pour en vérifier le brillant, alors qu'elles portent des bottes en daim.

Le silence, parfois, peut être "vrai" et "parler" bien davantage que les mots : dans la douleur, d'un deuil, j'ai connu des gens capables de ne rien dire, d'être là, simplement, conscients que le son de leur voix ne serait que bruit inutile et que face aux larmes, les propos seraient une nouvelle agression.

Le silence peut aussi être complice, lorsque tout s'échange dans un regard, un sourire, un clin d'oeil, un léger mouvement du sourcil parce que le comique d'une situation résulte d'une longueur d'ondes communes, d'une vision similaire.

Le silence peut être celui de l'amour, où les corps, encore liés, se répondent en écho, où les mains, entrelacées, se disent ce que les mots, par pudeur, n'osent échanger.

Il peut être de plomb, gêné, froid, calculateur ou encore imposé à une classe. Il peut signifier effroi, terreur ou rage.

Pourquoi alors ce silence, qui peut être si multiple, ne peut-il pas se faire parfois dans ma tête ?

jeudi 20 décembre 2007

Je suis prévoyante

Que j'étais "maniaque", je l'ai déjà confessé ici même. Et pendant que j'y suis, autant vous dire aussi que je suis prévoyante et que j'assume. Mais ça ne paie pas, ni d'être prévoyante ni d'assumer.

En effet, détestant me lancer dans une séance de shopping dans des magasins bondés le 22 décembre au soir, j'ai pris l'habitude, depuis quelques années déjà, de répartir l'achat des cadeaux de Noël sur plusieurs mois, budget et tranquillité d'esprit me l'imposant.

J'ai ainsi collecté différents cadeaux, chacun avec une petite étiquette, emballé comme il se doit. Toutefois, afin de ne pas susciter la curiosité de Junior et de Mini, le premier étant capable de me demander 18 fois en une minute "mais c'est quoi, ce cadeau, c'est pour moi ?", le second d'arracher le papier sans autre forme de procès, je cache ces cadeaux.

Et il en est un que j'ai tellement bien caché que je ne suis pas fichue de le retrouver, malgré une recherche intensive dans presque tout l'appartement ! Vous me direz, j'ai jusqu'au 24 décembre pour le retrouver mais qu'est-ce que ça m'énerve de perdre du temps que je croyais avoir gagné !

Et vous, cadeaux à l'avance ou sprint final de dernière minute ?

A bientôt si vous le voulez bien,

mardi 18 décembre 2007

Le luxe : le retour

Nombreuses et parfois divergentes ont été les réponses à la question "qu'est-ce que le luxe pour vous ?" : soit, cela n'est pas étonnant, certains lecteurs de ce blog ayant probablement comme unique point commun d'être, justement, lecteurs de ce blog.

Bref, après avoir "dormi une nuit dessus", comme dit l'expression populaire, j'ai constaté que dans ma perception des choses, le luxe se résumait avant tout à une notion, à savoir "du temps" : pour moi mais aussi pour être avec les autres, qualitativement et quantitativement.

J'ai ainsi décidé de commencer par m'offrir du temps, charité bien ordonnée commençant par soi-même, et je suis allée chez le coiffeur. Attention, pas n'importe lequel, pas celui de la gare, qui vous coupe les cheveux en 23 minutes, avant le TGV de 17 heures, non, celui qui coûte certes deux fois plus cher mais qui coupe deux fois mieux et qui a besoin de six fois plus de temps.

"Alors, à nous deux, Madame Poppins : bon, il faut rafraîchir cette petite coupe et on fait comme on a dit, hein, des petites mèches ?" (c'est fou le nombre de choses qui sont petites chez cet artiste "capillicole").

"Oui Monsieur".

"Bon, alors, on garde la longueur sur le dessus, on coupe dans la nuque et pas trop court juste au dessus des oreilles" (notez la combinaison audacieuse des termes "bon" et "alors", présents pour la seconde fois en deux phrases).

"Oui Monsieur".

"Alors, je vous fais les mèches au bonnet, bon, mais pas trop bas dans la nuque, sinon, ça va faire paquet !" (j'attire à nouveau votre attention sur la nouvelle variante, fort intéressante et complexe dans sa maîtrise).

"Oui Monsieur" (là aussi, à signaler une très importante recherche dans le dialogue, comportant une profondeur insoupçonnée de prime abord, n'apparaissant que lors de la seconde lecture).

Je me suis donc soudainement retrouvée coiffée d'une sorte de bonnet de bain version année 1985, en silicone très épais, bleu flash, parsemé de petits trous, au travers desquelles une coiffeuse - le maître ayant passé la main pour ce travail ingrat - probablement sorcière vaudoue à ses heures perdues, spécialiste des sorts par implantation d'aiguilles, a extrait des mèches de cheveux "attention, Magali, prenez aussi bien les mèches sur le devant, Madame Poppins a un épis juste sur l'avant de la tête".

Ensuite, il a fallu enduire les dites mèches d'une espèce de pâte blanche, empestant à plein nez, rester patiemment assise avec un bonnet noir à froufrou noué par dessus le bonnet de bain bleu durant 45 minutes, avec pour seule compagnie la voix atroce de Florent Pagny et la lecture édifiante de Paris Match... Imaginez ma souffrance et ma solitude ! Mais je tenais bon, j'allais être belle !

Finalement, c'est 60 minutes plus tard que j'ai été priée de me déplacer vers "le bac, je vais vous laver les cheveux, je vais ensuite mettre un petit fixatif, qu'il faut laisser reposer sept minutes".

Ceci chose faite, j'ai eu droit à une crème "vous comprenez, c'est bon pour le cheveu, ça le nourrit" (ici, pas de "alors", à ma grande surprise), laquelle a également dû rester étalée sur "mon" cheveu durant dix minutes.

Opération suivie d'une coupe, "dégagée sur les oreilles mais pas trop, je vous laisse une petite longueur sur le dessus, je coupe dans la nuque alors" et d'un séchage "je fais assez destructuré, d'accord ?"

Ainsi, deux heures trente après avoir franchi la porte, j'ai remis mes lunettes sur mon nez : dans la glace, j'ai vu une femme fort savamment coiffée, la mine sérieuse bien que légèrement incrédule.

Remarquez, ça tombe bien que je ne me sois pas reconnue durant quelques secondes, je peux ainsi faire semblant que cette nana, avec une choucroute sur la tête, c'est pas moi et affirmer que "non, chéri, il doit y avoir une erreur dans les débits sur ma carte bleue, je ne dépenserais jamais un montant pareil pour une coupe de cheveux, voyons" !

Heureusement, je ne m'offre cela que pour Noël : je n'ai pas souvent autant de.... temps ;-)

Et vous, vous pensez quoi de votre tête en sortant de chez le coiffeur ?

A bientôt si vous le voulez bien,

lundi 17 décembre 2007

Une idée du luxe

A treize ans, le comble du luxe, pour moi qui grandissais dans une famille sans télévision, c'était de pouvoir passer une après-midi entière chez une copine, devant la télévision, détentrice du "pouvoir "suprême de la zapette.

A dix-sept ans, je pensais que le luxe se traduisait par la possibilité de sortir en boîte sans heure de rentrée et à vingt deux ans, par la capacité à gagner entièrement ma vie seule.

Devenue mère, j'ai compris que le luxe suprême, c'est d'abord de dormir six heures d'affilée durant les premières semaines de vie de BB puis d'avoir du temps, pour un bain moussant, pour lire un bon livre.

Aujourd'hui, je considère que le luxe, c'est d'avoir des enfants en excellente santé toute l'année, même si je ne refuserais pas un salaire "de ministre" et une gouvernante à demeure.

Ce soir, alors que je faisais mes courses à la Migros, le regard torve et la mine "me pique pas mon tour au rayon viandes", pendant que j'attendais que la vendeuse coupe neuf tranches de jambon, "épaisses, c'est pour faire du jambon au madère", j'ai lu une affiche collée au dessus de la machine :

"caviar, 30 gr. entre CHF. 150.- et CHF. 175.-, 130 gr. pour CHF. 800.-"

Interloquée, j'ai parcouru à nouveau ce bref texte et à la question de la vendeuse, j'ai répondu en riant "non, en fait, mettez-en dix, j'ai pas les moyens d'acheter du caviar mais pour une tranche supplémentaire de jambon, ça devrait aller".

Voyant sa mine étonnée, je lui ai demandé d'une part combien pesait la tranche de jambon qu'elle venait de me montrer - verdict : 45 grammes -, d'autre part si beaucoup de gens achetaient du caviar pour CHF. 800.-

"Beaucoup non mais quelques uns, oui, les boîtes à CHF. 175.- ayant beaucoup de succès, vous savez, il y a des gens qui ne s'offrent ça qu'à Noël".

J'ai un peu "toussé", ravie que mon banquier m'interdise et que mon parcours de vie m'ait fait passer ce genre de désir : j'aime que le bain moussant dure très longtemps, j'ai la chance que la santé de mes enfants soit bonne 360 jours par année. Il me faudrait un sacré budget pour que le caviar soit servi à la louche !

Et vous, quelle est votre conception du luxe aujourd'hui ?

A bientôt si vous le voulez bien,

jeudi 13 décembre 2007

La virginité

Le français compte un nombre important de dictons et de proverbes, dont celui qui affirme qu'il faut bien que jeunesse se passe.

Nous sommes certainement nombreux à immédiatement l'associer à différentes "frasques", allant de "je n'utilise pas l'argent reçu par mes parents pour l'abonnement de bus et je le dépense pour des babioles, je ferai du stop" en passant par "mais c'est déjà quoi le prénom du mec qui se réveille à côté de moi, merde, j'ai la gueule de bois" et "comment tricher le plus efficacement à la prochaine épreuve d'espagnol".

Ainsi, pour ma part, je garde un souvenir relativement cuisant de la nuit où, "relativement" ivre (tout est relatif dans la vie), j'ai vomi dans les rosiers du gymnase (le lycée sous d'autres latitudes) et de ma convocation devant la directrice dudit établissement pour avoir falsifié la signature de ma mère dans le but de me dispenser de certains cours que je jugeais inutiles.

A cette brève carrière de "faussaire" s'est ajoutée ma propension à fumer des joints durant l'année du bac, propension qui, par chance pour moi, ne s'est soldée ni par un échec au bac ni par une condamnation pénale : même si la Suisse n'est pas aussi répressive que certains autres pays, il n'en demeure pas moins que la consommation de stupéfiants reste interdite.

Le monde juridique aime aussi les citations, à condition qu'elles soient latines, comme "ne bis in idem", et se moque bien de cette jeunesse qui doit bien se passer : ainsi, si le droit pénal peut tenir compte, à des conditions restrictives, du jeune âge (moins de 25 ans au moment des faits), il se caractérise surtout par son "excellente" mémoire.

Cette "mémoire", c'est le casier judiciaire, dans lequel sont inscrites les condamnations durant (en résumé) vingt à dix ans.

Seules certaines autorités et la personne concernée ont accès à ce registre, au contraire des tiers, qui ne peuvent demander un extrait, du moins pas directement et uniquement avec autorisation de l'intéressé.

Lequel peut voir sa "jeunesse" le rattraper des années plus tard, lorsqu'elle a "passé" depuis bien longtemps, à l'occasion d'une inscription à des formations déterminées, lors d'une postulation pour quelques emplois particuliers... Et lorsque seule la "virginité" peut conduire au "mariage", il est certainement difficile, sept, huit ans après les faits, d'être replongé dans un passé que l'on pensait oublié.

Oui, il faut bien que jeunesse se passe mais il serait peut-être judicieux que certains jeunes prennent conscience que l'âge du permis de conduire est aussi celui où l'on devient comptable de ses actes pour longtemps, parfois bien plus longtemps qu'on ne l'aurait cru dans l'euphorie de ses dix-huit ans.

Et vous, quels souvenirs vous évoque le terme "jeunesse" ?

A bientôt si vous le voulez bien,

PS: merci à l'Arpenteur qui m'a fait prendre conscience que si les "petits" jouent avec les Playmobil, ce sont les "grands" qui en parlent.

mercredi 12 décembre 2007

Derrière le masque

"Maman, j'aimerais qu'on revienne mercredi prochain, vraiment !" m'a dit Junior en montant dans la voiture.

"Tu sais, chéri, on ne peut pas faire tous les mercredis 145 kilomètres en une journée" ai-je répondu. N'empêche, je pensais comme lui en ressortant de cette rencontre, acceptée spontanément avec une certaine appréhension...

A bientôt si vous le voulez bien,

mardi 11 décembre 2007

Sac d'école

Dans la classe de Junior, il y a 18 élèves. 9 sont en première maternelle, 9 sont en deuxième maternelle. Afin de simplifier, les institutrices ont donné des noms différents à ces deux groupes : les "grands" sont des girafes, les "petits" sont des éléphants.

Ce soir, Mini a tendu à Grand-Maman le sac d'école de son frère; elle l'a pris et a fait semblant de partir. J'ai demandé à Junior "tu crois que Grand-Maman est une girafe ou un éléphant ?"

"Grand-Maman ? Un dinosaure voyons !"

Ah, le poids des années...

A bientôt si vous le voulez bien,

lundi 10 décembre 2007

L'accent parisien

La scène se déroule dans mon bureau à Berne, il y a sept ans."

"Comme on a sensiblement le même âge, on pourrait se tutoyer" m'a-t-il dit avec son accent que je trouvais alors très parisien (comprenez "guindé"), même pour un Parisien, c'est dire !

En mon for intérieur, j'ai pensé un truc genre (version polie) "c'est celââââ oui".... Bien élevée, j'ai répondu avec le sourire " volontiers".

Nous avons ensuite travaillé ensemble au gré de réunions "hautement internationales" durant trois ans et dans les coulisses, avec le temps, j'ai découvert une personne intelligente et pleine d'humour.

Nos chemins se sont séparés ensuite, chacun quittant son employeur pour d'autres cieux, le contact étant maintenu au-delà des frontières par les rituels mails "fin d'année-joyeuses Pâques".

Aujourd'hui, parce que je suis une grosse flemmarde, j'ai préféré le téléphone à l'envoi de courriels pour traiter une question juridique avec cet ancien collègue qui avait fait appel à moi parce que le "réseau informel", c'est parfois ce qui marche le mieux et le plus rapidement.

Causer "boutique" n'est pas compliqué même lorsque le dernier contact direct remonte à quatre ans. A été une très agréable surprise le constat que malgré les échanges très épisodiques, j'ai eu le sentiment de discuter avec quelqu'un que j'aurais vu la veille : on a ainsi causé avec facilité de son fils, de sa femme, de Junior et Mini, bref, de tout et de rien.

Cette agréable surprise compense, un peu, la tristesse ressentie récemment, lorsque je me suis rendue compte que six mois sans nouvelles avaient eu raison d'une relation d'amitié que je pensais très solide, un peu comme les enfants "à la vie et à la mort" : on n'avait plus rien à se dire.

Moralité, faut pas se fier aux apparences, n'est-ce pas ?

dimanche 9 décembre 2007

Les femmes et les hommes


Les métiers ont-ils encore un sexe ? Voilà la question du jour ! Qu'en pensez-vous ?

A bientôt si vous le voulez bien,

jeudi 6 décembre 2007

Le défi

Pas de billet ce soir : j'ai environ une tonne de formulaires à remplir, moi ! Si je suis admise à ce cours, ça sera mon prochain défi : bosser à temps partiel, suivre des cours et rester disponible pour la famille et les amis...

Et vous, quel est votre prochain défi ?

A bientôt si vous le voulez bien,

mercredi 5 décembre 2007

Dans mon "Rucksack"

Surtout durant les dix-huit ans que j'ai passés sous le toit familial, par la suite également mais dans une mesure moindre, mes parents ont mis différentes "choses" dans mon "Rucksack".

Il y a eu tout d'abord leur amour, dont je pense qu'il a été inconditionnel, la capacité à poser sur les petits et grands événements de la vie un regard positif, le plaisir d'apprendre, l'envie d'aller à la rencontre des autres, le bilinguisme en tant qu'élément d'ouverture à d'autres cultures et d'autres us et coutumes, l'importance de la parole donnée, le courage de ses opinions ou encore le respect, qui ne se doit pas en raison d'une position sociale mais qui se mérite en raison d'une droiture de l'âme notamment.

Il y a eu aussi la difficulté à verbaliser mes émotions qui n'ont pas leur place dans une réflexion structurée et raisonnable, l'obligation de me débrouiller en comptant avant tout sur moi-même, le fait de solliciter de l'aide étant une forme de faiblesse qui entraîne l'obligation d'être reconnaissante, la conviction que l'art restera toujours hors de ma portée "dans la famille, on n'est pas des artistes", le message que lorsque je tombe de mon vélo, je ne dois pas pleurer mais me remettre tout de suite en selle.

Si j'ai beaucoup "travaillé" pour me défaire de certains de ces "héritages", y parvenant petit à petit, avec plus ou moins de facilité, il me reste malgré tout un poids mort dans mes bagages, dont je ne parviens pas à me débarrasser : on peut boxer mais il faut rester dans sa catégorie et il est des cours dans lesquelles je ne pourrai jamais jouer de façon crédible.

Sur mon bureau, le formulaire d'inscription à une formation dont le programme a fait battre plus fort mon coeur : j'ai envie d'acquérir ce savoir. Je remplis peu ou prou les conditions d'admission, pourtant strictes et pourrais donc renvoyer cette paperasse le coeur léger. Ce que je n'ai pas encore fait parce que je me torture avec des considérations aussi inutiles que paralysantes : "je vais avoir l'air bête, je n'ai pas assez d'expérience, les autres seront tellement plus intelligents que moi" et j'en passe.

Je n'ai jamais visé le prix d'excellence, étant parfois aussi flemmarde qu'une couleuvre au soleil et je crois que je recherche avant tout la considération d'autrui, celle de mes pairs singulièrement. Et à bien y réfléchir, je parviens à la conclusion que dans mon "Rucksack", il y a un manque, pas un poids mort : un manque de considération pour moi-même, que celle des autres ne pourra pas combler.

Et vous, dans votre "Rucksack", quelles sont les choses dont vous voudriez vous défaire pour voyager "plus léger" ?

A bientôt si vous le voulez bien,

mardi 4 décembre 2007

Le frisson

La "peur du gendarme" a comme corollaire le frisson d'excitation que peut provoquer le fait de "frauder" et d'enfreindre la loi, dans une mesure toute relative il est vrai.

Ainsi, à douze ans, au mépris des conseils insistants de ma mère, je traversais la route en dehors des passages piétons, surtout si je voyais à proximité un "uniforme"; à dix-sept ans, je fumais moult joints, surtout avant les cours d'espagnol et les épreuves de bac de maths. A vingt-deux ans, je jubilais d'avoir payé seulement une demi-heure de parking tout en étant resté trois heures sur la place et à trente ans, j'aurais donné cher pour avoir les connaissances nécessaires à une diminution plus ou moins honnête de ma déclaration d'impôts.

Ce soir, dans le train, alors que je lisais un livre honnêtement acquis à prix d'or par mes soins (tous les livres de droit coûtent trop cher car édités en très petit nombre), surlignant les passages principaux avec un feutre de couleur, une autre voyageuse m'a "sauvagement agressée" en me disant "j'espère que c'est au moins pas un livre de la bibliothèque !"

J'ai été outrée, sincèrement, qu'elle puisse me "soupçonner" d'un tel comportement : un livre, c'est pas une place de parc voyons, ça se respecte, en le "travaillant" comme on l'estime adéquat lorsqu'on en est le propriétaire, en le lisant avec soin lorsqu'il est emprunté, à la collectivité ou à autrui !

Vos propres livres, vous les annotez ou est-ce déjà un "crime" à vos yeux ?

lundi 3 décembre 2007

Le voyage

Il y a quinze ans, je suis entrée chez un disquaire, pour la première fois de ma vie au rayon "musique classique". Il est venu vers moi, ayant probablement perçu que j'étais indécise : "je peux vous aider ?"

"Euhh, oui, je cherche un CD de musique classique".
"Ca commence bien, vous vous trouvez au bon rayon; qu'est-ce que vous aimez ?"

Je lui ai avoué ne rien y connaître du tout, à part les quatre saisons de Vivaldi. Il m'a alors proposé différentes autres oeuvres : après une première écoute rapide en magasin, j'ai acheté deux CD.

Quelques semaines plus tard, je suis retournée, chez le même disquaire, en lui disant que j'avais beaucoup aimé mes premiers achats mais que j'avais envie de découvrir "un truc au piano". Le mois suivant, j'ai sollicité ses conseils pour acheter des "morceaux au violoncelle". Puis des "musiques plus intimes" puis des "oeuvres plus dépouillées", en passant par des "trucs avec des voix" ou des "choses plus joyeuses", des "moments plus intenses"...

Un voyage qui a duré dix ans : grâce à sa patience et à sa capacité à me conseiller toujours en tenant compte de mes demandes, en me faisant petit à petit sortir des sentiers battus, j'ai ainsi découvert des interprètes, des compositeurs, des instruments, des époques, des orchestres, des chefs.

Depuis lors, il y a des mots qui ont pris une autre dimension : le terme "douceur" évoque pour moi Radu Lupu et Murray Perahia interprétant la fantaisie à quatre mains de Schubert, celui de "puissance" Maxim Vengerov lorsqu'il met son art au service du concerto pour violon de Bruch. "Magique" m'évoque le Stabat Mater de Pergolesi...

Je suis à des années lumière d'une spécialiste mais je sais que dans ma collection actuelle, je trouverai toujours un morceau, une oeuvre, un passage qui traduira mon sentiment présent, mon humeur générale, mes états d'âme. Et je m'étonne que malgré ce long voyage entrepris presque par hasard "en classique", mon "oreille" reste aussi peu sensible au jazz, que je vois comme requérant un "effort", comme "peu accessible" ou encore "totalement dissonant".

Ne me conseillez pas de retourner chez "mon" disquaire : son magasin a disparu, remplacé par une enseigne de mode pour gamines anorexiques...

Ouvrez-moi votre discothèque : quelles sont les oeuvres que vous auriez envie de me faire découvrir ?

A bientôt si vous le voulez bien,

dimanche 2 décembre 2007

La plume

J'adore le progrès : la machine à laver, qu'elle soit "vaisselle" ou "linge", c'est super pratique; le micro-ondes, on ne fait pas mieux pour réchauffer un repas et ma connection internet, franchement, je ne peux imaginer vivre sans. J'ai un téléphone portable, du plastique pour régler mes achats et un grille-pain automatique.

Cet après-midi, l'instant était parfait : les enfants faisaient les deux la sieste, Mister se reposait, le feu crépitait dans la cheminée, j'étais seule avec les "10 easy pieces for piano" de Preisner et une tasse de thé des moines.

J'ai ouvert, j'ai refermé ma plume. J'ai mordillé l'extrémité, j'ai joué avec le bouchon. J'ai recommencé six fois, toujours en m'appliquant "en haut à droite, lieu et date", marquant toujours la même hésitation, au même endroit "Chère Lara ? Lara ? Très chère Lara ?"

La septième fois que j'ai arraché la feuille, que je l'ai froissée pour la jeter en boule rejoindre les six premières, j'ai dû admettre l'évidence : je ne sais plus écrire sans clavier, je ne sais plus écrire d'une traite, sans déplacer des phrases, sans revenir sur le choix d'un mot.

Pourtant, qu'il est agréable de trouver, entre factures et publicités, une enveloppe, une écriture connue, un timbre, d'ici ou d'ailleurs !

Ce soir, je me demande si l'informatique est forcément un progrès...

A bientôt si vous le voulez bien,