
... j'aimerais en présenter à celles pour qui concevoir un enfant, ce n'est pas juste six mois de galipettes "viiiiite, chéri, j'ovule", deux tests de grossesse, le premier, négatif, puis quatre mois plus tard, le second, positif. Suivi de neuf mois, dont trois de nausées, deux de bonheur, un d'insomnie et de réveils fréquents pour faire pipi et trois d'interrogations multi-directionnelles et hautement "existentielles" : "j'accouche debout, couchée, à quatre pattes, dans la baignoire ou avec la péri dès mon arrivée à la mat' ?"
J'aimerais leur présenter des excuses, à ces femmes qui, après des mois d'attente, des mois d'espérances déçues, en arrivent à la longue ronde des tests, examens, plus ou moins bien prises en charge par le monde médical, plus ou moins bien épaulées par leur conjoint. Le tout au milieu de questions aussi "finaudes" que "et vous, vous attendez quoi pour faire un bébé ?", avec la variante "mais franchement, faut qu'on vous explique comment on fait un gamin ?".
Non pas que je sois "coupable" ou même seulement "responsable" de leur attente, de leurs souffrances, de leur si fréquente solitude, de leur douleur, souvent morale mais aussi physique; ça, je le sais, je n'y suis pour rien.
Ces excuses, j'ai envie de les présenter quand même parce que j'ai parfois une furieuse tendance à me plaindre très fort, de petites et de "grandes" choses aussi "pertinentes" que "j'en ai marre de descendre les poubelles de couches, y pourrait pas faire pipi sur le pot, non ?" ou encore "c'est dingue le prix des chaussures même en taille 24".
Ces excuses, j'ai envie de les présenter parce que parfois, dans mon ignorance, j'ai lancé des "des enfants, c'est vraiment la plus belle chose dans la vie" ou encore des "la vie prend un autre sens quand on a des enfants".
Parce qu'elles sont nombreuses, ces femmes qui voudraient avoir ce genre de "soucis" de couches ou de chaussures... et non pas encore un examen pour faire examiner leur glaire, pas encore une stimulation à supporter, un échec de transfert à devoir éventuellement "encaisser", le tout souvent sans rien dire à l'entourage.
Parce qu'elles sont nombreuses, ces femmes qui voudraient pouvoir elles aussi tenir un enfant dans leur bras, qui voudraient tout apprendre sur l'allaitement, sur les premiers pas et le meilleur moyen de faire partir même les taches de brocoli sur un petit pull taille quinze mois...
Donc, à vous toutes qui attendez de voir se réaliser ce qui était d'abord un voeu puis un désir ardent : je pense à vous ce soir et espère qu'à défaut d'avoir, moi, compris votre souffrance et votre peine, vous avez autour de vous des gens qui savent vous épauler et vous aider, dans vos démarches, dans votre acceptation, dans votre combat parfois.
A bientôt si vous le voulez bien,