
Il y a les titres, les gros, sur la manchette d'un journal qui a comme seul mérite d'avoir le bon format pour la caisse du chat.
Il y a les titres, ceux de bouquins ou de morceaux de musique, ceux qui intriguent, ceux qui amusent, ceux qui restent à jamais gravés dans la mémoire ou encore ceux dont on n'est jamais fichu de se souvenir, "zut je l'ai sur le bout de la langue".
Il y a le
titre d'une solution en chimie : mes années de cours, dans cette branche, datent considérablement et je garde davantage le souvenir d'un problème que d'une solution, n'en déplaise à mon prof de l'époque, "monsieur, si vous me lisez, sachez que j'ai détesté de la première à la dernière minute l'ensemble de vos cours !"
Il y a encore le titre d'un sportif et son palmarès, parfois tout aussi long et impressionnant que la quantité de substances diverses et plus ou moins licites qu'il avale pour les obtenir, peut-être "
à l'insu de son plein gré".
Bref, vous l'aurez compris, ce terme s'applique à moult notions et
wikipédia les a recensées, dans l'improbable hypothèse où cela intéresserait quelqu'un.
Lors de mon entretien d'évaluation avec Big Boss, il y a quelques jours, je me suis entendue dire que l'une de mes qualités était le fait que je sois "humble et empreinte de respect dans mes relations", ceci "malgré mon titre" !
Cette remarque m'inspire trois commentaires.
Le premier, fort simple : depuis quand un titre, aussi difficile soit-il à acquérir et aussi prestigieux puisse-t-il éventuellement être - tout étant relatif dans l'existence -, dispense-t-il du respect que nous devons tous à notre prochain ?
Le second : quelle image déplorable ont donc les avocats aux yeux d'un DRH pour qu'il oppose mon éventuelle humilité et mon titre comme s'ils étaient antinomiques ?
Le troisième n'est pas directement lié à cet entretien mais il en découle peu ou prou : dans mon entourage, je côtoie un certain nombre de personnes qui "cumulent" toutes sortes de diplômes, licences, maîtrises, certificats, doctorats et autres thèses ou spécialisations et il arrive fréquemment que ces personnes "cachent" leurs titres, même lorsqu'on leur pose la question si "bateau" : et toi, tu fais quoi ? Et vous savez pourquoi ? Par crainte qu'on ne leur reproche d'être vantardes, d'étaler leur science ou de vouloir écraser les autres !
Alors bien sûr, je ne peux exclure qu'il y ait des gens qui s'estiment meilleurs que le voisin sous prétexte d'avoir tel ou tel titre, ce qui est juste pathétique, le titre n'étant qu'une enveloppe et ne caractérisant pas la personne dans ce qu'elle a d'humain.
Toutefois, je me demande parfois s'il ne faudrait pas arrêter de "vivre caché" dans le but d'être heureux : n'est-ce pas aussi à l'autre, celui qui souffre d'un éventuel "complexe universitaire," d'apprendre à le gérer ?
Et vous, vous arrive-t-il de "noyer le poisson" et de ne pas répondre directement lorsqu'on vous demande "et toi, t'as quelle formation ?"
A bientôt si vous le voulez bien,