lundi 27 août 2007

Les gares

Vendredi, tu vas éteindre ton ordinateur, fermer le tiroir, pousser ta chaise contre le bureau, rapporter ta tasse vide à la cafét' et rentrer chez toi après avoir pris congé de tes collègues. Mais tu ne reviendras pas après le week-end.

Moi, je me sens comme sur un quai de gare. Et je déteste les gares, presque autant que les aéroports. D'ailleurs, je déteste aussi les voitures, les motos, les vélos, les bateaux, les navettes spatiales, les soucoupes volantes et les fusées. Je déteste même les planches à roulettes et les trottinettes.

Je les déteste lorsqu'ils sont synonymes de départ.

Mais avant qu'une voix pré-enregistrée ne dise "attention à la fermeture automatique des portes", j'ai envie de te dire "merci".

Merci d'avoir été là quand je suis arrivée dans l'entreprise et de m'avoir accueillie avec autant de gentillesse : tu n'avais pas oublié qu'un nouveau job peut être synonyme de stress, même s'il est positif, et tu m'as souvent guidée dans les méandres de notre activité.

Merci d'avoir accepté de collaborer avec moi, au point que ton "monde", grâce à tes patientes explications, m'est devenu moins étranger, presque familier. Grâce à toi, j'ai appris à "voir" tellement mieux le patient qui se trouve derrière une loi ou un réglement : sa dignité, ses choix, son libre-arbitre.

Merci de ne pas avoir eu d'idées préconçues à l'encontre des juristes et d'avoir su faire les liens entre tes activités et les miennes, qui, aussi étonnant que cela puisse paraître, sont souvent liées.

Merci de m'avoir écoutée lorsque j'avais le sentiment de ne pas être entendue ailleurs, merci de m'avoir soutenue lorsque je ne voyais pas clair dans mes dossiers.

Merci aussi pour ton sens de l'humour, ton regard empreint de tellement d'humanisme et de respect, merci pour ton engagement pour les autres et auprès des autres.

Merci d'avoir également ouvert ton "jardin", pour me laisser voir au-delà des échanges professionnels qui tu es. Merci pour le partage, pour la confiance, pour ton empathie et ta franchise.

Le train s'approche, il va être l'heure de prendre congé.

Je déteste toujours autant les quais de gare mais je me dis que ce train que tu vas prendre, il n'est pas seulement un départ. Il est aussi un début, pour toi et ce voyage que tu vas entreprendre, je te le souhaite du fond du coeur heureux, enrichissant, passionnant.

Puisses-tu trouver des compagnons de route stimulants, intelligents, ouverts et à l'écoute. Puisses-tu découvrir des horizons nouveaux et des routes inattendues.

Je déteste toujours autant les quais de gare mais je me dis que les trains, on peut aussi les prendre pour se revoir et se retrouver !

A bientôt,

18 commentaires:

  1. Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.

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  2. Merci de ne pas confondre "blog" et "espace publicitaire"...

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  3. Quand on voit le profil de la "publiciste"......

    Quand je pense que j'écrirai le même billet dans une vingtaine d'année après que Mary m'aura pris sous son aile... Ca me met déjà les larmes aux yeux. ;-)

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  4. Le destinataire de ce billet doit être en proie à une multitude de sentiments. Peine, révolte, désarroi, et qui sait quoi encore.

    Et vous, vous lui offrez ce merveilleux billet.

    C'est drôle, mais je souhaiterais bien vous avoir comme collègue de bureau.

    Vous patronne, moi sous votre aile et Khannibal sous la mienne.

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  5. À VENDRE !!! À VENDRE !!!! PAS CHER !!!.... ;)
    ... des mouchoirs de bonheur, à agiter sur les quais lors des adieux...

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  6. Merci à toi pour les échanges que nous avons eu, merci de m'avoir si bien piqué les fesses lorsque j'en avais besoin.
    Je regrette infiniment ton départ et je souhaite qu'un nouveau départ ce profil rapidement pour toi au niveau professionnel et en regard de tes grandes compétences.
    Bisous
    Marianne

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  7. En tant qu'extra-terrestre, je me sens juste concerné par le passage sur les soucoupes volantes (c'est pourtant très agréable comme véhicule, et il n'y a pas de quai).

    Mais pour le reste, comment dire... c'est beau.

    Je doute qu'un de mes collègues me fasse un jour un aussi joli texte.

    Du moins sur cette planète ;-)

    Edgar

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  8. Cela me fait deux personnes à remercier!
    Mary et Madame Poppins!

    Mary....le risque de ce départ, est que je reste longtemps après le départ du train sur le quai de gare, à agiter mon mouchoir. Je sais que nous serons plusieurs ainsi, à laisser flotter notre kleenex, encore et encore...comme si par magie ce battement aérien pouvait faire revenir ce maudit train...(imagines le désastre si la grippe aviaire était déjà parmi nous!)
    Emportes avec toi, de moi, ces deux mots: 'merci Mary', et puis aussi ceux-là: 'ravie d'avoir fait ta connaissance, la vie permet de très belles rencontres et la tienne en fait partie'...et puis '...même lorsque les choses ont foiré...les rires sont revenus'!!
    Bon d'accord...le train part sous peu. Reste le RER, le télésiège, l'hélicoptère, le camion de pompiers, les baskets, les tongs, la montgolfière de Piccard, le side-car, la voiture papale, les échasses...et j'en passe, pour se croiser à nouveau!

    Merci Mme Poppins pour cette idée lumineuse et partagée! Je suis bien fière de vous connaître sous les traits de juriste et de Mme Poppins,...!

    Au plaisir...

    Marie-Jeanne

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  9. KHannibal, il paraît que la jeunesse est une maladie dont on guérit tous les jours un petit peu...

    Omo-Erectus, vous ne cesserez jamais de me surprendre : ce que vous avez lu entre les lignes est étonnant, vraiment....

    Schizozote, tiens, toi, t'as dû connaître les mouchoirs dans le vent, quand t'es partie, non ? Dis, t'as pleuré ?

    Marianne, qu'est-ce que j'apprends ? Elle te pique les fesses ? Je suis "outrée" !

    Edgar, ne doutez pas, je suis convaincue que vos collègues vous apprécient beaucoup : n'êtes-vous pas celui qui tient la boutique durant l'été, au point d'en délaisser votre propre blog ?

    Marie-Jeanne, c'est à vous que j'aurais dû céder le clavier, votre texte est très beau !

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  10. On prend tous un train qui nous prend de quelque part où on a rencontré des gens merveilleux et d'autres..., et nous mène à un autre quelque part aussi riche en rencontres de toutes sortes. Heureusement qu'il reste les gares pour tous ces trains qui se croisent et permettent de si belles rencontres même si elle sont un peu courtes! Et si c'était parce que je savais qu'elle serait courte que j'y ai mis du soin? Vivement la prochaine gare qui permettra à nos trains respectifs de se croiser à nouveau!
    La "petite" dernière

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  11. Moi, j'aime bien les gares (les aéroports, beurk !). Et les gens qui se cassent, quand on les aime bien, c'est pas mal, finalement...

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  12. Il m'arrive souvent de dire à chéri "vendredi, je vais dîner avec Pocahontas, ma collègue". En fait, il s'agit d'une ex- ex- ex- collègue devenue copine, puis amie. Les quais de gare, c'est magique, cela permet de se dire au revoir, mais aussi de se revoir, d'attendre, de savourer la rencontre. Suis nostalgique, moi ...
    Bisous

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  13. Moi je n'ai pas pu être sur le quai de gare ! Je le regrette beaucoup...
    Merci pour nos échanges, tes sourires, ton humour,...
    Nous avions fait une petite virée fort sympathique à Crans Montana pour préparer une journée du personnel ô combien mémorable...
    Te souhaite de prendre un train qui te permettra de traverser de magnifiques contrées où tu pourras t'en mettre plein la vue !
    Bises chaleureuses
    Catherine

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  14. Sur le quai de la gare, je regarde Mary prendre ses bagages. Mes sentiments naviguent entre mélancolie et regret...Ce que je déteste dans les trains c’est qu’ils partent à l’heure. Quand on a trop hésité à rencontrer le voyageur, c’est trop tard…il reste sur le quai l’impression d’avoir croisé des étoiles qui partent déjà briller sous d’autres cieux. Je vois aussi dans les gares le clin d’œil de l’horloge, dont l’aiguille glisse par saccades d’une minute vers l’autre, imperturbable, affichant toute son indifférence envers les humains et leurs émotions, leur mortalité et les points de non-retour que la vie impose.
    Mais je distingue aussi dans cet espace vivant, toute la force et la vitalité de nous tous qui sommes du voyage, guidés par nos rêves et portés par le désir de trouver la destination qui va nous aider à construire une étape de vie.
    Je te souhaite Mary un aiguillage réussi, vers un horizon riche de découverte et de joie.

    Et qui sait…il y a des trains qui vont à Pampigny et où les voyageurs se recroisent….

    Signé : Lise en plus…. qui fit la différence ?

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  15. Merci, chère Mary, pour tous ces précieux moments d'échanges, de rires, d'humour et de partages que nous avons eus tout au long de ces trois années : ton regard aiguisé m'a souvent permis de lire et de décoder les événements d'une toute autre manière ! Tu vas me manquer !!!
    Mais ton départ n'en est pas un pour moi car je suis convaincue que nous garderons le contact.
    Que ces mois à venir te réservent le meilleur possible, tu le mérites vraiment !
    Très amicalement,
    Claudine

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  16. Dans les histoires de voyage il y a les personnes qui restent sur le quai et il y a celles qui partent. Partir c'est laisser derière soi toute la partie connue pour aller vers l'inconnu. C'est parfois tellement déstabilisant mais je suis certaine chère Mary que la lumière sera au bout du tunnel et qu'une place "sur mesure" t'attends. Je te remercie de tout coeur pour ces années de collaboration en interne, (là ou nous pouvions partager nos pauses et autres moments agréables!) ou en externe (là ou un repas ou l'autre s'imposait)!
    Je te souhaite que le meilleur pour les semaines a venir en attendant de te faire un coucou par mail ou telephone!
    Attention à la fermeture des portes, le train à destination de ??? va partir!
    Bisous chère Mary
    Jolanda

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  17. très beau billet

    il exprime exactmt ce que je ressentais à une semaine près.

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