lundi, 21 février 2011

Du doute à l'intime conviction...

Durant la première année d'enfantine de Junior, alors âgé de quatre ans et demi, j'ai eu un premier doute.

Aujourd'hui, trois ans et demi plus tard, alors qu'il est en deuxième primaire, j'ai l'intime conviction que les profs d'ACM (comprenez, dans le jargon "métier," Activités Créatrices Manuelles, dans le langage "Madame Tout le Monde", les bricolages) ont un compte à régler et avec les enfants mais et surtout, avec les parents.

Je l'admets, le collier de nouilles n'est plus de mise mais il a été remplacé par des trucs, franchement, à vous dégoûter d'avoir des enfants : après des heures de labeur et de souffrances, du moins pour Junior, dont le sens artistique est très... personnel, me voilà propriétaire d'un poisson en papier mâché, ressemblant vraiment de façon incroyable à un... brochet mort !

Lequel orne maintenant notre bibliothèque, juste à côté du bonhomme de neige suspendu à une branche d'arbre et orné de flocons en ouate, le pot de fleurs rempli de coeurs planté dans de la mousse et le photophore en forme de château-fort de 45 cm de haut...

Franchement, quand on pense que ces enseignantes pourraient demander aux enfants de peindre un petit porte-clé (on a toujours une clé de cave qui traîne), une petite boîte (les punaises, il faut bien les ranger quelque part) ou un presse-papier (qui ferait un très beau cadeau pour l'oncle Gaston).

Mais non, elles s'arrangent toujours pour que ledit bricolage soit volumineux, compliqué et, surtout, totalement sans intérêt pratique. Et moi, même si j'ai un goût pour la déco sortant des sentiers battus, j'ai mes limites dans le saugrenu.

Du coup, il est des jours où j'ai des pensées pleines d'émotion pour les profs de latin, qui collent juste des déclinaisons : ça finit au moins en tango.

Allez, dites-moi quel est le bricolage le plus affreux que votre bambin vous a jamais ramené de l'école ?

A bientôt si vous le voulez bien,

jeudi, 10 février 2011

Imaginons...

Imaginons Chloé et Jules, mariés et installés depuis plusieurs années à Yverdon. Chloé travaille comme taxatrice à l'administration cantonale des impôts à Lausanne tandis que Jules est ICUS (infirmier chef d'unité de soins) à l'hôpital de Morges.

Un jour, enfin, ils obtiennent l'accord du service de protection de la jeunesse (SPJ), préalable indispensable à l'accueil d'un enfant en vue d'adoption.

Jules, se basant sur la convention collective de travail dans le secteur sanitaire parapublic vaudois, signée par la FHV, dont son employeur est membre, va demander l'octroi d'un congé d'adoption au sens de l'art. 3.28bis CCT :

1. Dès l’octroi de l’autorisation d’accueil en vue d’adoption et sur présentation de celle-ci, l’employeur accorde un congé d’adoption durant huit semaines soit à la mère, soit au père de l’enfant. Durant cette période, le salaire est versé à raison de 100%; il est calculé de la même manière que le salaire dû pendant le congé de maternité

2. Le congé peut être réparti entre les parents adoptifs, si tous les deux travaillent pour le compte du même employeur.

Jules et Chloé n'ayant pas le même employeur, il va solliciter pour lui seul un congé complet, le versement du salaire étant réglé par l'art. 3.27 ch. 1 CCT.

Chloé, quant à elle, va s'adresser au service du personnel de l'Etat de Vaud (SPEV), qui l'informera qu'elle peut obtenir un congé d'adoption de deux mois sur base de l'art. 35 al. 1 lit. e LPers.

La plupart des accouchées auront droit à quatre mois sur base de leur contrat individuel de travail ou de la convention collective s'appliquant dans leur secteur, on pourrait applaudir des deux mains : 1 x 4 = 2 x 2.

Je conseillerais toutefois à Chloé de s'opposer à ce congé et de se baser sur ce qui suit : qui sait, peut-être aura-t-elle gain de cause ?

En effet, sur base l'art. 20 al. 1 lit. b LVLAFam, il me semble qu'elle pourrait obtenir davantage que deux mois :

1. Les femmes salariées (...), domiciliées depuis 9 mois au moins dans le canton, ont droit durant 98 jours aux prestations dont elles sont exclues par la (...) LAPG

a. soit parce qu'elles ne remplissent pas les conditions d'assurance au sens de l'art. 16b LAPG;
b. soit parce qu'elles accueillent, en vue d'adoption, après autorisation, un enfant de moins de 12 ans, autre que celui du conjoint.

2. Le droit aux prestations débute à la naissance ou à l'accueil de l'enfant pour adoption. (...) En cas d'accueil de l'enfant pour adoption, le droit peut être ouvert au père.

Si l'art. 9 RLVLAFam apporte quelques précisions, nulle trace d'explication quant au montant de ce salaire : par analogie, l'on admettra qu'il se détermine comme celui versé à une femme qui vient d'accoucher, à savoir sur base de l'art. 16e LAPG (principe : 80% du salaire moyen), avec un maximum déterminé par l'art. 16f LAPG.

En d'autres termes, voilà donc Jules et Chloé en congé avec Bébé, lui payé durant deux mois à 100%, elle durant 98 jours à 80% au moins (les art. 35 al. 2 LPers et 66 RLPers n'indique pas si la collaboratrice touche 80 ou 100% de son salaire et je ne dispose pas d'informations à ce sujet) mais :
  • les employeurs doivent-ils accorder l'un comme l'autre ces congés ?
  • dans l'hypothèse où il doit être répondu par l'affirmative à cette première question, cette éventuelle différence de traitement entre couples adoptants et couples naturels peut-elle se justifier ?
A ce stade-là, je parviens à la conclusion que les deux employeurs doivent accorder ce congé.

L'un au titre des dispositions conventionnelles, lesquelles ne prévoient pas d'autre condition d'octroi que l'obtention de l'autorisation du SPJ.

L'autre au titre de la loi cantonale sur les allocations familiales et sur des prestations cantonales en faveur de la famille, laquelle "éclipse" forcément la LPers, qui ne peut pas restreindre ce droit (auquel un parent adoptif pourrait, du moins en théorie, renoncer, une accouchée, quant à elle, tombant sous le coup d'une interdiction absolue de travailler durant huit semaines après la naissance, tiens, voilà probablement d'où vient le congé de deux mois cité dans la CCT et la LPers).

MàJ : une lectrice au regard aiguisé m'a fait remarquer de façon fort pertinente que mon billet ne traitait pas de la question de l'art. 23 al. 1 LVLAFam, dont la teneur est la suivante :

L’allocation au sens de l’article 20 est subsidiaire aux indemnités :
a.
de l’assurance-chômage ;
b.
de l’assurance-invalidité ;
c.
de l’assurance-accidents ;
d.
de l’assurance militaire ;
e.
de l’assurance-maladie ;
f.
aux prestations versées par les employeurs.

Il en découle une précision importante : lorsque l'employeur prévoit, par le biais d'une loi (LPers) ou d'une CCT, qu'un congé payé de deux mois est accordé, il ne sera pas question de percevoir, durant ce laps de temps, celui des allocations. En revanche, lorsque le droit découlant directement du contrat de travail s'éteint, celui, résiduel, basé sur la LVLAFam prend le relais jusqu'à l'échéance des 98 jours.

En d'autres termes et pour reprendre l'exemple de départ, Chloé percevra son salaire durant deux mois à 100% durant deux mois au titre de la LPers puis durant les six semaines suivantes, des allocations à 80%.

Ce qui conduit quand même à un congé plus conséquent que celui initialement prévu par l'Etat de Vaud.

Il en découle également qu'est un employeur "bien averti" la Poste Suisse puisque l'art. 4 al. 1 lit d de l'annexe 3 CCT prévoit, en cas d'adoption, un congé non payé de deux mois : du coup, seules les allocations entreront en ligne de compte puisque l'employeur ne verse rien à ce titre.

Finalement, me voilà bien empruntée pour répondre à la question de savoir si cette différence de traitement se justifie ou pas.

Lors de la naissance d'un enfant biologique, un père aura droit, en Suisse et dans le meilleur des cas à ma connaissance, à quinze jours payés intégralement (art. 46.5 de la CCT de la Migros).

La différence de traitement entre parents adoptants et parents biologiques pourrait se justifier par les mille et unes difficultés rencontrées sur le chemin ardu de l'adoption.

En cas de naissance multiple, le temps et l'énergie nécessaire à la prise en charge de jumeaux justifieraient l'allongement du congé paternité, ce qui n'est toutefois pas le cas.

Comment alors justifier qu'un père adoptant puisse rester à domicile durant deux mois pour s'occuper avec sa femme d'un seul enfant, tandis que le père biologique de triplés doit retourner travailler quelques jours seulement après la naissance ?

Alors que la CCT du secteur parapublic vaudois est entrée en vigueur le 1er janvier 2008, la LVLAFAm, elle, est entrée en vigueur le 1er janvier 2009 : l'on ne peut donc exclure que les parties signataires de cette CCT ont omis de procéder à une modification de leur texte.

En revanche, l'on constatera que la nouvelle mouture de la CCT de la Migros, qui s'applique sur l'ensemble du territoire suisse, est entrée en vigueur le 1er janvier 2011 et ceci pour une durée de quatre ans mais qu'elle ne comporte aucun renvoi à des textes cantonaux, ce qui est regrettable en particulier pour l'art. 46.4, qui prévoit le remboursement du salaire lorsque les conditions d'octroi d'indemnités maternité au sens de la LAPG ne sont pas remplies : quid alors de la LVLAFAm ?

Cela dit, d'autres erreurs sont à signaler dans les textes en matière de grossesse, comme déjà indiqué ici, cette faute étant toutefois très anecdotique par rapport à celle trouvée à l'annexe 6, art. 8 ch. 4 de la CCT des CFF.

En effet, ce texte indique qu'en cas de naissance d'un enfant mort-né après le 6e mois de grossesse, la collaboratrice a droit à un congé payé de deux mois.

C'est sans compter l'art. 23 lit. b RAPG, qui prévoit qu'une grossesse ayant duré au moins 23 semaines ouvre le droit à un congé selon la LAPG : ce congé, payé à hauteur de 80% du salaire comme déjà indiqué, est de 98 jours et non pas de deux mois. En effet, le législateur ne prévoit pas que l'enfant né après 23 semaines de grossesse doit être vivant : partant, la mère a droit à ce congé même si son enfant est mort-né.

Imagine all the people... j'essaie d'imaginer mais, réaliste, je dois bien admettre que rares seront les personnes concernées par ces tribulations juridiques et que plus rares encore seront celles qui m'auront lue jusqu'au bout : tant pis, l'exercice était intellectuellement intéressant.

Et vous, vous arrive-t-il de faire des choses juste pour "la beauté du geste" ?

A bientôt si vous le voulez bien,

PS: un tout grand merci à Anne-Marie, sans qui ce billet n'aurait jamais vu le jour !

mardi, 8 février 2011

Le "transfert"

ou "comment Madame Poppins fait de la psychanalyse de café du commerce"

Vous avez déjà remarqué à quel point, dans un couple, hétéro ou homo peu importe, on fait des transferts, "toujours pour le bien de l'autre" cela va de soi ?!

Tenez, il n'est pas rare que lorsque Madame souhaite maigrir, c'est son mari qui doit se serrer la ceinture "il te l'a dit, ton toubib, faut que tu manges moins salé, pense à ta santé, ne mange pas autant de chips".

"Là, il faut que tu arrêtes de dépenser autant d'argent" - et pour rester dans les clichés classiques - "on n'a pas de presse à billets dans le salon" assène Monsieur à Madame qui vient de consacrer une énergie d'enfer pour habiller correctement et aux soldes les enfants qui n'en finissent pas de grandir, alors que lui-même n'a pas hésité à s'acheter une panoplie complète de clubs de golf : on a parfois aussi le sens des priorités, dans les couples.

A Noël, Mister a décrété "ton agenda papier, ça le fait plus" et de me tendre un petit paquet; alors que je découvrais petit à petit son contenu et que je tentais de me souvenir quand j'avais bien pu me plaindre de mon stylo et de mon calepin, j'ai souri intérieurement en entendant Mister ajouter, dans un grand élan de sincérité "il se pourrait bien que j'aie fait un transfert, de geek en plus, je ne suis pas certain que tu aies réellement besoin de ce truc mais ça avait l'air franchement top" !

Un mois après réception de l'objet, après bien des moments de doute, le regard parfois plein de nostalgie en direction mon agenda, ses moult feuilles volantes, post-it, cartes postales glissés dedans, je l'admets : je suis ravie que mon cher époux m'ait fait changer de galaxie.

Et du coup, ça m'a divinement déculpabilisée lorsqu'à son anniversaire, adorant manger japonais, j'ai offert à l'homme de ma vie... un cours pour apprendre à faire des... sushis !

Et vous, vous "transférez" et si oui, quoi ?

A bientôt si vous le voulez bien,

lundi, 7 février 2011

La "force"....

La "force" est certainement avec le publiciste qui a eu l'idée : le clip m'a fait beaucoup rire même si sa finalité est mercantile.

La "force" n'est pas encore avec Mini, qui me demande tous les soirs "j'ai quand six ans ?" et qui ne supporte pas ma réponse "dans environ 110 jours, mon coeur".

En revanche, son jeune âge ne l'empêche pas de cogiter. Vendredi, en rentrant de l'école, il m'a regardée très sérieusement et m'a annoncé solennellement "maman, j'ai beaucoup réfléchi, j'ai pris une décision".

"Ah oui, laquelle ?"

"Comme j'ai toujours mal à la jambe" - et de me montrer le bas de sa cuisse gauche - "lorsque je me réveille le matin, j'ai décidé... de ne plus dormir" !

Inutile de vous dire que le défi est de taille pour lui qui dort environ une minute trente après avoir posé sa tête sur l'oreiller.

Les époux Poppins sont également à la recherche de la "force", pour un projet qui ne les fera pas changer de galaxie mais de monde certainement.

D'ailleurs, pour confronter le rêve à la réalité, nous avons décidé ce week-end de placer Hedwige en "cyber-espace" et en situation de l'extrême, histoire de vérifier si la "force" avait guidé Mister et sa caisse à outils. La "Sibérie de la Suisse" n'était pas au rendez-vous mais le plaisir ne nous a pas fait faux bond : Mister répare Hedwige encore mieux que Cheewbacca son "Falcon" !

Et vous, la "force", vous en avez besoin pour quoi en ce moment ?

A bientôt si vous le voulez bien,