mercredi 19 avril 2017

Recette

Recette "ambiance" 

A suivre pour mettre une forme "d'ambiance" dans une soirée, surtout si certains des convives ne se connaissent pas ou pas très bien et que les conversations menacent de s'embourber définitivement dans des questions aussi lancinantes que "avantages des nouvelles jantes alu" ou "de l'intérêt des vacances au Kruger Park", l'un étant un non sujet, l'autre hors de portée financière (des variantes comme "l'avenir du PSG" ou "les tendances vestimentaires printemps - été 2017" étant possibles).

Prenez quelques bouteilles de vin, rouge ou blanc peu importe (ici aussi, des variantes comme "cocktails" ou "spritz" étant envisageables)
Trouvez une grande table ou un salon confortable
Servez abondamment et des mets et des breuvages 

Lancez, juste avant le dessert, un des sujet suivants dans la poêle : politique, religion ou allaitement

Observez les invités, filez à la cuisine pour préparer le clafoutis si la mayonnaise monte ou si une envie irrépressible de rire vous prend (la colère sourde pouvant également être une indication à la fuite devant le four, le frigo - réparé, merci - ou un passage à la cave, voire les toilettes si non occupées). 

Vous admettrez que cette recette, tout le monde la connaît, elle est même totalement has been à nos âges. 

Je découvre en revanche depuis peu un autre sujet qui ne "fâche" pas autant que l'allaitement ("c'est un asservissement de la femme à son enfant" versus "les vertus de l'allaitement ne sont plus à prouver"), qui ne divise pas autant que la politique ("la gauche promet mais ne fait rien" versus "la droite affiche un réel mépris pour le peuple") et qui ne finit pas en tirs croisés comme la religion ("l'islam, le grand mal" versus "parce que le catholicisme, c'est mieux ?"). 

Ma question était en fait réelle, l'opinion des autres convives m'intéressait vraiment : "quelle attitude adopter face aux éventuelles prochaines - et premières - relations sexuelles de Fifille / Fiston ?" 

Comprenez par là : faut-il ou non accueillir sous son toit les ébats de sa descendance ? 

Très rapidement, deux opinions se sont dégagées : "de toute façon, il / elle aura des relations sexuelles, on ne peut pas s'y opposer, autant que ça se fasse dans de bonnes conditions" versus "il n'incombe pas aux parents d'être complices de ce qui se veut un acte d'adulte". 

Et qui d'évoquer sa première fois, le frein à main sous le genou broyé, qui de se remémorer une libido glacée par la présence d'adultes le mur d'à côté. 

Bref, malgré les arguments plutôt sensés et intelligents des deux "camps", je ne suis toujours pas parvenue à me forger un avis : je prie donc pour que la testostérone qui envahit de jour en jour mon aîné ne flambe pas trop vite.

Mais j'y pense : un avis, vous auriez à me soumettre ? 

A bientôt si vous le voulez bien, 




18 commentaires:

  1. Ayant été plutôt tardif en la matière, ce fut pour moi chez mon amoureuse du moment, chez elle, dans la maison dont elle était propriétaire.
    Il m'est, cela dit, arrivé d'en avoir chez mes parents ou ceux de mon amoureuse (une autre) lorsque, suite à une invitation, nous étions amenés à y dormir.

    Et dans chaque lieu, je ne me suis pas senti gêné par l'éventuelle présence de tiers dans une chambre voisine.

    Et je n'ai pas testé la voiture pour ce faire, même si rien que l'idée m'en coupe sérieusement toute envie.

    RépondreSupprimer
  2. Il me semble que d'accueillir les ébats (en accord, après discussion avec les intéressés) de sa descendance dans ses ses murs est totalement et absolument mal jugée par l'ensemble des sexologues et l'a toujours été.
    C'est tellement et si uniquement propre au couple, et une illustration de ce que veut dire de couper le cordon ombilical, de prendre ses responsabilités, de s'affranchir du papa-maman, du que je comprends très bien ce point de vue, et aucun autre.


    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. J'ajouterais que, dans toutes les cultures faussement dénommées primitives, il existe des rituels très structurants, comme celui qui consiste pour un jeune homme à se construire une hutte ou une case dévolue exclusivement à une première rencontre avec une jeune fille de son village, ou de sa tribu, ou d'une tribu voisine.
      Dans nos sociétés modernes, il n'y a plus rien de ce genre, ou presque.

      Supprimer
    2. Pas d'accord.
      Dans notre culture du moins, l'adolescent et le jeune adulte restent dépendant matériellement de leurs parents bien après le début de leur vie amoureuse.
      Il me semble impossible à la plupart de ces jeunes de disposer d'un espace personnel, indépendant de la cellule familiale de leurs parents, où s'ébattre en toute tranquilité.
      Mais je ne parle pas de le faire au salon ou dans la cuisine bien sûr... la chambre de l'ado / jeune adulte est souvent un espace privé, même si tous n'ont pas la chance d'avoir une chambre à eux seuls.

      Devoir le faire à la sauvette, dans un recoin de l'école, un bois, une voiture (encore faut-il en disposer) n'est pas (toujours à mon sens) se mettre dans de bonnes conditions, tant pour ce qui est du confort que de l'intimité.
      La chambre d'hôtel est aussi une option, mais financièrement inaccessible à beaucoup.
      Cordialement,

      Supprimer
  3. Je vois 2 chapitres dans ce billet.
    L'exposé nous indique la nature quelquefois assez piètre des "relations mondaines" - je ne sais comment les dénommer autrement. Un exemple: regardez le profil (physique) de 2 ami(e)s qui s'embrassent. Têtes collées et au fur et à mesure que le regard descend, les corps s'éloignent - au maximum dans la zone du bassin. Les relations "mondaines" sont à l'avenant, revêtues d'un "je ne vais tout de même pas me mettre à poil devant …". Les psy…xyz disent que les relations revêtent 6 degrés possibles:
    Retrait
    Rituel
    Passe-temps
    Activité
    Jeu psychologique ou stratagème
    Intimité
    Choisissez la vôtre.

    2 ème partie: faut-il ou non accueillir sous son toit les ébats de sa descendance ?
    Sans doute déformé par ma profession, j'ai tendance à assimiler la sexualité comme une fonction vitale comme manger, respirer, digérer etc.
    Nos sociétés, nos éducations ont mis une séparation quant à la sexualité, sans doute parce que son "exercice" nous renvoit extrêmement profondément nos propres images et implications intimes.
    La question du jour limite, je crois, la question à la première fois. Réponse: peut-être pas tant cette fois là peut compter: pas de possibilité d'interférence extérieure.
    Après… pas grave, d'ailleurs, ça vient naturellement.

    RépondreSupprimer
  4. Je pense que, si le jour J, vous allez frapper à la porte avec une boîte de préservatifs, vous n'aurez plus de soucis à vous faire: plus rien ne se passera chez vous! :-))

    Je dirais: accepter, sachant qu'il n'en aura pas envie, mais qu'il saura que vous savez et pourra revenir vers vous - ou un autre adulte sans la crainte de briser un secret vis à vis de vous - en cas de question gênante, ou soucis...

    RépondreSupprimer
  5. Bon, comment dire... l'argument "les sexologues - pédiatres - spécialistes disent que...", je l'ai entendu plusieurs fois mais j'ai aussi constaté que ces gens, ce sont tous des hommes. Le plus souvent cités par des hommes aussi d'ailleurs.

    Je n'ai rien contre les hommes, j'en "adore" même certains mais n'empêche : je me suis demandée si cette posture "pas avec la complicité des parents" n'était pas propre aux mecs. Même pédopsy, psy, spécialiste ou sexologue.

    Un sondage "Radio Copines" (dont la base scientifique n'est pas établie, vous vous en doutiez) me fait envisager que le plaisir masculin est, à tout le moins à un certain âge (jeune), plus "simple" que celui de la partenaire (je suis dans l'hypothèse de la relation hétérosexuelle, ce qui est déjà très limitatif je le concède, désolée), ceci pour plein de "bonnes" ou de "mauvaises" raisons (sociales, tenant à l'éducation ou aux clichés encore et toujours véhiculés, la crainte de la grossesse étant quand même plus présente à l'esprit féminin que masculin je crois, sans parler de la crainte, pour ladite demoiselle, d'avoir ses règles, grande interrogation sur le "comment va-t-il réagir ?").

    En outre, dans l'hypothèse d'études supérieures, comme mentionné par Neptune, force est d'admettre qu'il serait un peu "hypocrite" d'inviter la ou le partenaire à sa table mais de lui demander de partir ensuite : "ah, vous envisagez un doctorat, très bien, projet passionnant, c'est l'heure de rentrer".

    Ok, on est loin de tout cela, Junior n'est pas ce qu'on pourrait appeler sur l'autoroute des études à ce stade de sa vie. Mais je pense aussi à la jeune fille qui va partager avec lui ses premiers émois un jour ou l'autre ("mon dieu" faites que cela soit "tardivement") : j'aimerais autant qu'elle se sente "confortable", ce qui est singulièrement plus difficile dans une forêt, sur une plage ou la cabane de jardin (ouff, je n'ai pas de jardin).

    N'empêche, le charme du frein à main n'est pas à sous-estimer, Neptune, crois-moi... mais il est vrai que je n'étais alors plus adolescente ni même jeune adulte...

    Mirou, vous avez certainement raison : les aspects "pratiques" ont déjà fait l'objet de quelques "discussions" avec Junior, dont la notion de consentement que je trouve centrale https://www.youtube.com/watch?v=oQbei5JGiT8

    Bref, je cogite, je cogite : spontanément, je réponds "non, mon grand, tu te débrouilles, elle ne passe pas la nuit ici" mais ne suis pas complétement en phase avec cette première réponse. Peut-être changera-t-elle si la dulcinée et Junior vieillissent encore un peu.

    Et dire que j'aurais pu avoir juste des poissons rouges....

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

      Supprimer
  6. Je ne suis pas parent, et ne le serai probablement jamais. Et je suis bien heureux de ne jamais avoir besoin de me faire ce genre de soucis! ... mais quand vous dites : ("mon dieu" faites que cela soit "tardivement"), vous pensez à son/leur bien, ou le votre?

    Pardon je suis volontairement provoquant. Mais s'ils rigolent (et j'ai lu ici et là que les jeunes d'aujourd'hui sont beaucoup plus décomplexé que ma génération traumatisée par la BD de Derib "Jo", qui nous a littéralement coupé la chique par trouille!), et qu'ils sont heureux (les deux, hein!), tout cela est peut être moins grave que ce que vous pensez.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. A vrai dire, Mirou, avant tout au leur : n'est-on pas plus "soucieux", plus attentif à l'autre un peu moins jeune ? A ce stade, Junior a 14 ans... tardivement ne veut pas dire 25 ans non plus, qu'on soit bien d'accord.

      Mais je suis d'accord, Jo a été une sacrée claque pour notre génération !

      Supprimer
  7. Et il y a encore le problème fille-garçon.

    Je sais, c'est moche de dire ça, mais avec mes garçons, je me suis posé peu de questions, et je ne me suis jamais dit "Mon Dieu… pourvu que ce soit tardivement".

    Alors qu'avec ma fille…

    Oui, je sais, cliché, n'empêche, c'est comme ça.

    Et je suis bien conscient que pour mes fils, il y a eu des parents de "leur fille" de l'autre côté, qui ont dû se poser ces questions… peut-être.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Comme je viens de l'écrire à Mirou, "tardivement" ne veut pas dire 25 ans ! C'est juste que là, Junior a 14 ans... Il pourrait expérimenter d'abord plein d'autres trucs encore, comme par exemple bosser pour l'école !

      Supprimer
  8. Ben, il n'y a pas que des hommes qui ont une opinion comme celle que j'énonçais plus haut. Je pensais à Dolto en l'écrivant. J'ai retrouvé où il était question de ce point de vue, et il est partagé par des femmes, là (http://www.lexpress.fr/styles/enfant/faut-il-accepter-que-les-ados-fassent-l-amour-sous-notre-toit_1554734.html).
    Un argument m'a frappé, "le désir naît de la frustration".

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Zut, on ne m'avait cité que Ruffo (et deux autres mecs dont j'ai oublié le nom), j'ai donc manqué une nouvelle occasion de me taire, merci pour ces précisions.

      En revanche, que le désir naisse de la frustration, j'ai comme un doute : je cogite, étant partie de l'idée que l'appétit venait en mangeant aussi (ok, je -->)

      Supprimer
  9. Chère Madame Poppins.
    Mes enfants étant eux-mêmes parents de choupinets en croissance, j'aurai préféré que la question du jour porte sur la politique.

    Au risque de me régaler d'avance de leurs réponses à cette question, venue en écoutant un porte-parole en costume sur une chaîne publique française :

    Comment traduire : "Oh ! Le belenc …" en Bolosse élégant ?

    RépondreSupprimer
  10. Le dictionnaire de la zone cite l'hypothèse du linguiste Jean-Pierre Goudaillier selon laquelle bolos serait le verlan de lobos (« lobotomisés »).

    RépondreSupprimer
  11. Pour une étude exhaustive, http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2015/05/18/bolos-boloss-ou-bolosse-une-querelle-semantique/

    RépondreSupprimer
  12. Jean-Yves, la France sera-t-elle silencieuse une fois les élections terminées ? J'ai comme un doute... Mais mes connaissances linguistiques sont insuffisantes, clairement !

    RépondreSupprimer