vendredi 16 janvier 2009

Le coup de gueule (sévère)


Lettre ouverte à certaines femmes mères au foyer

A l'âge de seize, peut-être dix-huit ou vingt ans, peu importe, tu as choisi un métier. Comme des générations de femmes avant nous avaient lutté, parfois âprement, pour obtenir l'égalité, tu as pu devenir mécanicienne, pharmacienne ou physicienne, pêcheur, docteur ou contrôleur et tu n'as pas été obligée - à moins de le vouloir vraiment - de choisir la profession d'infirmière, fermière ou postière.

Mais voilà, un beau jour, paf, tu as rencontré l'Homme puis, très vite ou bien beaucoup plus tard, re-paf, tu es "tombée" enceinte ! Et là, soudaine illumination, tu as décidé de rester à la maison parce que "les premières années de vie d'un enfant sont tout à fait primordiales, ma présence constante lui est indispensable, je ne comprends pas que tu puisses retourner au bureau, toi".

Durant les six premiers mois après la naissance de Bébé, forcément "en avance dans son développement, plus grand, plus fort et plus intelligent que la moyenne, même le pédiatre le dit", tu aurais fait une publicité très convaincante pour le bonheur, catégorie "mères au foyer" : entre tarte aux pommes, gazouillis et sorties au parc, l'image était parfaite. Et je pense même que ce bonheur était réel.

Malheureusement, les choses se sont petit à petit gâtées, sans que tu ne t'en rendes vraiment compte.

Forcément, un beau jour, BB s'est mis debout pour tenter de marcher et là, forcément aussi, plus moyen de poser tes fesses sur le banc, au parc. Remarque, au mois de novembre, le parc, c'est pas top.

Donc, tu as passé tes journées enfermée à la maison, à ramasser tous les objets que BB s'est fait un malin plaisir de jeter par terre pour contrôler que la loi de la gravité existe et pour vérifier s'il a effectivement le pouvoir de contraindre Maman à se baisser 2049 fois par jour. Eh oui, mon petit chéri, tu l'as, ce pouvoir, dingue, non ?

A peu près à la même époque, cette petite merveille a commencé à souffrir très cruellement de poussées dentaires et toi, du coup, à souffrir encore plus cruellement du manque de sommeil.

Lequel t'a amenée à accueillir, le soir, le papa de ce chérubin avec un sonore "je me le suis farci toute la journée, maintenant, c'est à ton tour", pour lui coller dans les bras un enfant plein de moque, la couche pleine et l'humeur massacrante : logique, il est dix-neuf heures et il a sommeil !

Quelques mois de ce traitement plus tard, ledit papa a
  • repris le squash, tous les mardis soirs, avec son pote, célibataire - une petite bière après le sport, c'est sympa - et
  • décidé que l'anglais, finalement, pour sa carrière, c'est indispensable et que deux leçons par semaine, c'est le mi-ni-mum "comment veux-tu que je négocie valablement avec nos partenaires américains sinon ?"
Ce qui, fatalement, a entraîné un cortège de reproches de ta part : "tu pourrais quand même rentrer un peu plus tôt, t'es vraiment pas un père très présent et tu pourrais penser à sortir la poubelle, tu fous rien !"

Parce que, forcément, Mari, lui, pendant sa journée, c'est bien connu, t'as raison, il ne fout rien mais alors, rien du tout.

Bon, ok, il lui arrive de devoir virer des gens parce que les commandes ne suivent plus mais c'est quoi, virer un collaborateur présent depuis huit ans dans la boîte à côté d'une otite de l'Enfant, hein, rien ! Il doit gérer le Conseil d'administration qui réclame plus de "chiffres", il doit trouver une solution pour remplacer au pied levé son adjoint, malade, et il doit faire l'aller-retour le même jour pour Londres, histoire de participer à une réunion avec un potentiel gros client.

Mais ça, à nouveau, c'est rien, hein, et du coup, le soir, quand il rentre, c'est pas légitime du tout qu'il ait besoin d'un peu de temps pour lui au lieu de faire des sauts de joie à l'idée de donner le bain à Bambin qui de toute façon sort en hurlant "Mâaaaaaaaman" de la salle de bains. Ben ouais, l'eau était trop chaude et avec ton "je t'avais bien dit de faire attention à ne pas lui mouiller les yeux", t'as largement contribué à ce que la prochaine fois, il rentre... après l'heure du bain.

Aux deux ans de Chérubin, tu as commencé à reprendre contact avec tes anciennes collègues de boulot, pour te rendre compte que la boîte avait tellement évolué que tu ne comprenais plus rien aux discussions, sans parler de l'introduction d'un nouvel outil informatique qui te dépassait complètement.

Donc, tu es rentrée à la maison, stressée, à te demander ce que tu allais bien pouvoir faire... à manger le soir.

Et t'as engueulé ton mari, qui a passé toute la soirée à parler de sa nouvelle collègue qui a fait des études incroyables dans une université américaine au moins aussi incroyable et toi de lui hurler "c'est qui cette pouffe débarquée de je ne sais où, hein ? Je parie qu'elle a pas d'enfants !"

Le lendemain, tu t'es promis de reprendre les choses en main, pour décrocher un job à 33,3% "pendant les heures où Mamie peut garder la Merveille, le mardi en quinzaine et le jeudi après-midi". Sauf que pour ça, il t'aurait fallu mettre à jour ton CV, que tu n'as pas retrouvé. Enfin, si, que tu aurais pu retrouver si Bambin t'avait laissé un peu de temps : une gastro, ça use, les nerfs et la machine à laver le linge.

La nuit suivante, je parie que t'as à nouveau mal dormi. Pour te précipiter, au réveil, chez ton masseur. Qui t'a parlé de "tensions dans les épaules" et de "stress refoulé au niveau du plexus".

Là, tu t'es dit que toi aussi, tu pouvais faire autre chose que rester à la maison. Et t'as surfé sur le net. Pour trouver, invariablement, une formation (à choix) sur
  • les fleurs de Bach
  • l'acupressure
  • la chronothérapie
  • le reiki
  • les massages relaxants et sportifs.
Bon, d'accord, les cours n'étaient pas donnés mais "c'est mon tour, chéri, de faire quelque chose pour mon épanouissement personnel", passant sous silence le fait que l'arrêt de ta carrière professionnelle était justement une de ces mesures supposées favoriser ton épanouissement personnel.

Et tu as commencé la formation "douze soirs et six samedis complets", pour annoncer fièrement "ensuite, comme Merveille commence l'école l'année prochaine, je vais pouvoir gagner un peu d'argent, avec une clientèle d'amies, à domicile".

Sauf que ça, c'est faux. Tu ne vas pas gagner de l'argent, tu vas commencer par rembourser, très éventuellement, le montant - exorbitant - du cours, et équiper une pièce, avec table, produits et publicité.

Et non, je ne viendrai pas chez toi pour ces séances, même si je ne doute pas que, comme mes six autres connaissances, tu as un "réel don, même le prof le dit" pour le massage, la chronothérapie ou la luminothérapie.

De toute façon, comme Mari a refusé de libérer la chambre du sous-sol, dans laquelle il joue à World of Machin, t'as fait la gueule.
Et ton homme a dormi à l'hôtel des culs tournés.
Et t'as pleuré, le jour suivant, dans le gilet de la mère de Aïcha, dont tu ne connais même pas le prénom : dans le milieu des mères au foyer, on est "la mère de", parfois "l'épouse de" mais on n'a pas de prénom.

Mais elle, au moins, a compris tes "problèmes".

Bon, ok, elle, elle est réfugiée dans notre pays - son diplôme de physio n'est pas reconnu en Suisse - et mère au foyer contre son gré. Mais elle a compris que t'étais pas bien, contrairement à ton homme qui ne pige toujours pas pourquoi tu es si agressive. Elle t'a proposé de garder ton fiston l'après-midi, histoire que tu puisses te changer les idées en ville.

D'ailleurs, dommage, faire les boutiques, ça t'a pas fait du bien. Dans les miroirs des cabines, tu t'es trouvée grosse et flasque. Et t'as acheté un tailleur trop cher, que tu ne vas pas porter "pour aller au parc, de toute façon, c'est pas la peine".

Lors de notre dernière sortie "le quintette nanas", lorsque tu as fini de nous raconter tous tes malheurs, t'as pas aimé que je te dise que là, franchement, je ne voyais pas bien pourquoi tu te plaignais et qu'arrêter de travailler, t'avais été forcée par personne.

"Mais j'ai jamais aimé mon job, mon patron était un con et je n'avais aucune perspective d'avancement" m'as-tu répondu, exaspérée.

Pourquoi je t'ai alors lancé un "t'es vraiment dégueulasse" ?

On a le droit de faire des choix et il faut une sacrée force de caractère pour reconnaître que ce choix - arrêter de travailler (ou au contraire, continuer à travailler)- n'est pas idéal tous les jours sur tous les plans.

En revanche, utiliser ton enfant comme prétexte pour fuir une réalité qui ne te plaît pas, franchement, c'est dommage !

Qu'est-ce que tu dis ? Que de toute façon, le problème est résolu et que tu es enceinte du deuxième ?

34 commentaires:

  1. D-E-C-H-A-I-N-E-E

    C'est comme ça que je t'aime ! Magnifique !

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  2. Je ne comprends pas si ce billet est formel ou spécifiquement orienté personnellement. EN tout cas il est rudement bien tourné.
    Je verrais bien, disons ... Gad Elmaleh le dire.

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  3. Merci Mister !

    Franklin, il ne s'adresse à personne en particulier, ce billet a juste surgi de ma tête en lisant le commentaire de Nouwanda à-propos de "temps partiel" et tout à coup, ce sont mis bout à bout des conversations, des observations, des souvenirs épars, qui ne sont pas rattachés à une personne précise mais à une espèce de mère au foyer "diffuse", qui existe un peu mais pas complétement...

    Et tu crois que je devrais le vendre, là, mon sketch ? G. Elmaleh, il pourrait avoir besoin de quelqu'un pour lui écrire des textes, ça serait génial, ça, j'adore l'idée !

    Donc, femmes de tous horizons, ne vous sentez pas (totalement) visées : moi aussi, je râle et non, je ne suis pas toujours de bonne foi et oui, il m'arrive d'avoir de la peine à assumer mon choix de travailler, me figurant que rester à domicile, c'est le rêve, tout comme certaines pensent que bosser avec des enfants, c'est l'idéal, la panacée n'existe pas ! C'est juste que parfois, ça fait du bien de poussser un .. coup de gueule !

    Et il vaut mieux rire de tout, non ? La question connue, merci Desproges, c'est "est-ce qu'on peut le faire avec tout le monde ?"

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  4. Chère madame Poppins,
    Merci pour ce billet! Je m'y suis reconnue:
    -lors de la naissance de mon premier enfant, j'ai arrêté de travailler. La maternité m'offrait le prétexte tout trouvé pour échapper à ce job pas intéressant et mal payé. J'ai passé une année "merveilleuse" de femme au foyer. A refiler le bébé hurlant à son papa dès qu'il rentrait, pour m'échapper dans un café si possible bien enfumé! Parce que la place de jeu, et le conversations avec les autres mamans,ça va un moment...
    Au bout de 18 mois, j'en pouvais plus. Mes amies pas encore maman débutaient des carrières qui avaient l'air passionnantes, épanouissantes...et mon sujet de conversation unique, c'était les progrès de mon adorable bébé, le prix ds couches et du lait en poudre...
    ET j'ai commencé à avoir une crainte: en vouloir à mon enfant du choix que j'avais fait...
    Bon, en prenant en compte le bien-être de mon enfant, la vie de notre couple, ma santé, mon moral...j'ai décidé de retourner au boulot. Et j'ai eu la chance de dégotter un emploi à 60%, mal payé mais fichtrement intéressant!
    Et lors de l'arrivée du petit frère, pour rien au monde je n'aurais lâché ce job.
    Enfin, voilà, comme souvent 100% d'accord avec vous Maame Poppins: assumons nos choix et nos décisions sans faire porter le chapeau de notre mal-être à ceux qui n'y sont pour rien.
    Bien à vous
    Joëlle

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  5. Whaouh ! 100% d'accord: et si l'on commençait par assumer ses choix ? Et surtout les conséquences de ces choix....
    Sans pour autant rester dans l'inmobilisme, on peut faire de nouveaux choix...

    Tu es belle, quand tu t'enerves ;o))

    Sophie

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  6. Grrrr.... immobilisme

    Sophie

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  7. M'enfin comme disait Gaston la Gaffe, c'est pas parce qu'on a rien à dire qu'il faut fermer sa geule.

    Raison de plus pour dire quand c'est si bien tourné !!
    Ce qui m'a fait penser à Gad c'est la fin: "Qu'est-ce que tu dis ? Que de toute façon, le problème est résolu et que tu es enceinte du deuxième ?" Génial !!

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  8. Quelle envolé, c'est un régal ! Il faut que je diffuse ce billet auprès de mes amies. Auprès de mes soeurs je n'ose.

    Merci pour tout, bonne continuation

    Nouwanda

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  9. bravo, bien tourné, mais c'est vrai que ce n'est pas toujours simple d'assumer ces choix.

    Cela dit, ça me rappelle une conversation avec une collègue actuelle qui me disait que le 80% c'était un piège car elle bossait en fait à 100% mais sur 4 jours. Essayant de comprendre son malaise, je lui demande si elle doit souvent rester le soir... non pas du tout me dit-elle, je vais mes 8 heures mais je travaille autant qu'un 100%...!? Je n'en croyais pas mes oreilles.

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  10. Rigolo en effet.

    Au début, évidemment, je trouve que ça fait un peu cliché.

    Mais ensuite…

    C'est tellement vrai quand je vois certaines copines.

    Le coup du "je te refile le gamin" à peine le mari rentré, quand je vois ça, ça m'insupporte, j'ai envie de gifler la dame.

    Et les cours…

    Mais c'est tellement vrai!!!!

    Le nombre de copines qui ont essayé un ou deux cours de ta liste…

    On s'y croirait.

    De toute manière, choix difficile.

    Ma femme était malade la semaine passée, et elle a pu rester à la maison.

    J'ai trouvé génial d'avoir une femme à la maison, et pour la première fois, j'ai envié cette situation.

    Mais c'est vrai qu'elle n'a duré qu'une semaine…

    Elle n'a pas eu le temps de grossir:-)

    Merci en tout cas, j'ai bien rigolé.

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  11. Patronus informaticus16 janv. 2009 à 12:16:00

    Ah, Madame Poppins, je ne sais pas si je dois fermer les yeux. Bon, pour les fleurs de Bach t'a improvisé, mais pour le reste... Faudras que je t'actionne pour les droits d'auteur, à étaler comme ça des pans entier de ma vie conjugale que je croyais unique et privée...

    Amitiés

    Patronus Informaticus (tu as au bas mot dix secondes pour trouver)

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  12. @Patronus Informaticus

    Es-tu dans ta cabane de jardin, Monsieur Bonvin ?

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  13. Joëlle, merci pour vos lignes ! Vous vous en doutez, les conversations de place de jeux ne sont pas ma tasse de thé, comme l'évoquait la veille Nouwanda. J'ose espérer que ce job passionnant finira également un jour par être plus lucratif et que vous allez continuer à en tirer de la satisfaction.

    Sophie, tu mets le doigt sur l'élément central à mon avis : assumer ne veut pas dire immobilisme ! D'ailleurs, la vox populi le dit déjà, il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis. Et si seulement la "colère" pouvait me rendre belle : je finirais par être sublime ;-))

    Nouwanda, vous voyez, je vous dois ce billet puisque c'est la lecture de votre commentaire qui me l'a inspiré, tout à coup, paf et je l'ai rédigé à toute vitesse. Quant à vos soeurs, pas moyen que mon texte tombe "par hasard" dans leur boîte à mail ?

    Sylphide, j'adore ta collègue :-))) Cela dit, il est vrai que nombreux sont les collaborateurs à temps partiel qui, à force de faire des heures sup, arrivent à un temps complet. Mais avec un salaire partiel et ça, c'est l'arnaque !

    François, un ou DEUX cours de la liste ? Merde, elles avaient épousé un gars qui gagnent drôlement bien sa vie ! Ta douce va mieux, j'espère : je ne suis pas convaincue qu'elle trouve très longtemps épanouissant de ranger ta tasse à thé ;-)

    Patronus, j'ai honte, super honte, méga honte : je ne sais pas qui tu es, la description de ta vie, certes très privée et presque unique, n'a pas suffi à ce que je découvre ton identité : faudrait me laisser un indice supplémentaire !

    D'ailleurs, le pseudo a induit Mister en erreur et je partageais son idée mais comme on vient de croiser le gars dont nous supposions qu'il était Patronus et qu'il n'avait jamais lu ce billet....

    Bon, Mister, à ton avis, qui est cette personne ?

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  14. c'est drôle...la cabane de jardin, le M. Bonvin me font sourire, me suis aussi fait avoir par "patronus informaticus", en tout cas ça doit rassurer M. Bonvin, son cas n'est pas unique!

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  15. Très bien vu Mâââme Poppins !! Rester au domicile ou poursuivre son travail doivent être un vrai choix, motivé par des convictions, et pas un pis aller...

    Je ne suis pas maman et n'ai pas du tout ce souhait. Mais je m'insurge quand je vois autour de moi des personnes qui "font le deuxième" pour pouvoir échapper à un job qui leur déplaît...

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  16. Bonsoir MP...

    Merci pour ce moment de détente, ça m'a bien fait rire!!
    Pour mon premier enfant je n'ai pu prendre un congé parental (pas assez d'anciénneté dans ma boîte).
    Il y a eu des jours où j'ai pleuré de devoir le laisser chez nounou alors qu'il était malade.
    Les filles sont arrivées et j'ai décidé de ne pas revivre ce que j'avais vécu avec Enzo.
    17 mois que je suis à la maison, 2 fois que je prolonge mon congé parental d'un an!
    Pourquoi??
    Mon boulot me plait et me manque par moment.
    J'ai des responsabilités et je suis bien payée!!
    Je ne sais pas si je retrouverai "ma place" mais en tout cas, aucun job ne pourra jamais remplacer ce que je vis depuis 17 mois.
    Des bas il y en as mais des regrets aucun.
    Bisous du soir
    Lilise

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  17. Je ne suis pas femme au foyer, mais j’ai trouvé la lettre ouverte dans ma boite ce matin et l’ai lu par inadvertance.
    Initialement cela m’a fait froid dans le dos (c’était tôt le matin et mon sens de l’absurde ne fonctionnait pas encore à 100%) ensuite j’ai décidé de te proposer le titre ‘Ecossaise honoris causa’ pour l’illustration possédant un cynisme observationnelle (ma langue maternelle) délicieux et rarement rencontré à ces latitudes. Café et humeur observationnelle cruelle pour le déjeuner, cela fait longtemps. Merci :-)

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  18. Anonyme, rares sont, je crois, les situations réellement uniques. Mais je suis toujours dans l'attente de découvrir qui est Patronus !

    Didou, tu as dit ce que je souhaite à toutes et tous : avoir le CHOIX !

    Lilise, welcome ! Et merci pour ton message : je suis ravie de lire également une maman pour qui le congé est un moment de bonheur. Sauf qu'en Suisse, le congé parental n'existe pas : ou tu reprends après le congé maternité (14 semaines) ou tu démissionnes et tu recherches un job le jour où t'en veux un !

    Wavydavy, ouahhh, je veux bien cette distinction, elle aurait l'avantage d'être rare et d'avoir été décernée par un connaisseur ! Merci par avance !

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  19. Ma biche, très chère,

    tu décoiffes,
    je te vois parler là devant moi et ça me fais super envie de te voir, là tout de suite !!!

    l'hôtel des culs tournés, j'adore cette nouvelle expression helvetique, je vais la noter dans mes tablettes

    et oui c'est sévère, un regard acéré ;-)


    des énormes bises à vous....

    Mister, t'es heureux avec une femme comme elle


    Pascalou

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  20. waouh il décoiffe ce billet, en le lisant je me disais à la fin il s'est tiré le mec et elle elle n'y comprend rien... ce billet me rappelle le choix il y a 15 ans d'une amie premiers bébés en même temps toutes les 2 infirmières elle avec le choix de tout stopper pour rester au foyer et moi de continuer mon travail a temps partiel et tous au long des années et des bébés qui ont suivi cette jalousie de sa part,ses remarques acerbes envers moi * mais tu gères tout c'est pas possible il y quelque chose que tu dois bacler?!" ou bien tu n'as pas une minute pour toi tu vas craquer?! ou encore " tu n'es pas assez à l'écoute de ton mari tu ne reconnais pas ses besoins??!! 10 ans après j'allais bien, elle était dépassée, frustrée, délaissée, fatiguée et déprimée... aujourd'hui heureusement pour elle, elle a repris un petit bout de boulot 20 à 30 % d'heures d'appoint elle travaille surtout le WE et les vacances (son mari est prof) pour partir de la maison et laisser son Homme assumer comme elle dit.......... ce qui m'a le plus marquer a été son agressivité envers moi et sa déception de voir: que je m'éclate avec mes fils et mon travail que mon mari est toujours là et semble heureux et que la vie est belle. bon dimanche Alicia

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  21. T'as vraiment cru que j'allais fermer les yeux sur ton coup de gueule tiré d'une histoire vraie ? Tu te mets le doigt dans l'oeil.

    Vraiment génial de voir que tant de personnes se retrouvent dans cette histoire, moi qui ne voyait plus cela de la même manière maintenant...

    Bravo et bonne continuation. Tu peux compter sur nous pour tes prochaines tribulations coquines...

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  22. Pascalou, rendons à César ce qui est à César : je crois que l'expression, je l'ai lue pour la première fois sous la plume de... Papaye ! Elle n'a donc rien de spécifiquement helvétique.

    Et que oui : faut qu'on se fixe un rendez-vous, c'est sûr !

    Alicia, il est très représentatif, ton récit. Et je pense que si tu as réussi à tout mener de front, c'est parce que tu mets tout ton engagement et toute ton âme dans tout ce que tu fais !

    Oeil de Lynx, merci ! Comme quoi, tout ce qu'on croit unique est selon toute vraisemblance plutôt pluriel !

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  23. C'est une pure merveille d'écriture et de vérité (n'étant ni une femme, et n'ayant pas d'enfant, je m'avance sans doute un peu, mais suis suffisamment lucide, et je sais regarder autour de moi pour me dire que tu as 100000% raison)
    Et c'est drôle et sublimement bien écrit.
    B.R.A.V.O

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  24. Afin de rendre complètement ce qui est à César, il me semble que c'était l'auberge, "l'auberge des culs tournés", mais je ne pense pas qu'elle s'en offusque ;o)
    Sophie

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  25. Patronus informaticus19 janv. 2009 à 13:24:00

    Le nom, chère Madame Poppins, tout est dans le nom, un presque oxymore, si j'en crois mes connaissances, qui devrait ainsi n'être pas trop difficile à trouver.

    Et si ça ne suffit pas: oui, je pense aussi qu'il n'existe pas légalement (et à mon grand regret) de congé parental en Suisse; mais j'ai eu récemment une petite altercation par forum interposé avec deux militantes farouches de la cause féminine qui m'ont soutenu mordicus qu'un tel congé (avec obligation de reprendre la mère en fin de congé) se déduisait sans autre de l'art. 35a al. 2 LTr (droit de se dispenser sur simple avis de venir au travail = droit à un congé non payé continu). Qu'en penses-tu?

    Amitiés

    Patronus informaticus

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  26. L'auberge, mea culpa, c'était bien l'auberge !

    Quant à l'art 35a al. 2 LTr, il a la teneur suivante : "Sur simple avis, les femmes enceintes peuvent se dispenser d’aller au travail ou le quitter (...)".

    Il s'agit donc de deux choses différentes. Il y a d'une part
    - le congé parental au sens français qui se comprend comme un congé (mal) rémunéré après la naissance et allant au-delà du congé maternité, d'autre part
    - le droit de se dispenser de travailler, sans être payée mais en ne pouvant pas être "accusée" d'abandon de poste, durant la maternité.

    L'on ne saurait donc considérer, du moins à mon avis et pour autant que je sois correctement informée quant à la législation française, le droit de se dispenser de travailler durant la grossesse comme l'équivalent du congé parental.

    Et, cher Patronus Informaticus, le fait que tu débattes sur un forum quant au congé (parental ou maternité) complique encore ma tâche.... Comme quoi, je suis rattrapée par ma blonditude et lorsqu'enfin, tu auras levé le mystère, je devrai me contenter de m'écrier "mais c'est bien sûr !, pataugeant pour l'heure dans une "éclatante pénombre" (n'est-ce pas là un oxymore ?)

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  27. Et comme je ne peux pas corriger un message envoyé : comprenez "durant la grossesse" pour l'art. 35a al. 2 LTr.

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  28. Patronus informaticus20 janv. 2009 à 16:26:00

    Je me croyais plus reconnaissable que ça. Et si je te dis que globalement, sur les délicates questions liées à l'assurance-maternité, Christian, Rémy et moi-même parvenons à l'exploit d'arriver chacun à une solution différente qui est encore autre que celle préconisée par d'autres auteurs, ça te suffit ?

    Amitiés

    Patronus informaticus (qui découvre avec beaucoup de plaisir tes autres billets)

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  29. Patronus, mais c'est bien sûr ! Cela dit, jusqu'à lecture de ton dernier commentaire, j'étais totalement dans le flou : tu aurais vu la tête du chef du service informatique de mon employeur quand je lui ai demandé s'il postait sur mon blog : le pauvre n'a rien pigé à ma question.

    A ma décharge et pour être totalement honnête, je ne pensais pas que tu trouverais de l'intérêt à surfer sur un blog de nana et suis donc fort ravie de te savoir de temps en temps de passage ici !

    A bientôt,

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  30. Arpenteur, comment ai-je pu oublier de remercier pour ce compliment ? Venant de ta part, je l'admets, il me fait extrêmement plaisir, merci beaucoup ! Quant à l'entourage, il peut être source d'inspiration, pour faire "idem" ou pour faire "opposé", le sujet enfant n'est donc pas forcément à éviter avec ta douce ! (encore que là, je m'avance beaucoup, me mêlant de ce qui ne me regarde pas, je --> donc )

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  31. De retour sur ton blog, Dame Poppins, je me sens directement concernée (attaquée ??? paranoîa, quand tu es là !!!)
    Bon, ma vie professionnelle est un vieux confetti, mais je suis vraiment bien à la maison, je m'organise aussi pour avoir du temps en dehors de la maison, sans les nains...(enfin d'habitude, parce que cette année, c'est tellement différent...)
    Donc, opui, ça existe aussi des mamans heureuses à la maison. Je reprendrai lorsque le dernier sera en âge de supporter une grosse journée d'école, ou si je trouve une jfap qui fait l'affaire...c'est pas gagné, hein madame Poppins ?
    Des bises

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  32. Anne-Persil, tu l'auras (peut-être) noté : le coup de gueule s'adresse à CERTAINES mères. En effet, je suis bien consciente qu'il existe des mères qui sont sincèrement contentes d'être à la maison avec leurs enfants, qu'elles y trouvent du plaisir et qu'elles ne finissent pas par en vouloir à mort à leur mari de cette situation.

    Donc, franchement, pas de quoi te sentir visée !

    Et quand tu auras envie d'une jeune fille au pair, tu me fais signe, je te ferai profiter de l'expérience accumulée.. D'ailleurs, j'en suis à me demander si je ne devrais pas ouvrir une agence, moi, tiens !

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  33. diantre, qu'il est bon de revenir sur ton blog et de lire sous ta plume un tel texte !!!!!

    je ne peux qu'appuyer les commentaires précédents.

    Bises
    Lunap

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